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10.04.2006
-1- Comment Faire l’Amour Avec Une Blanche Sans Se Fatiguer
J’ai enfin acheté : "Comment faire l’amour avec un Nègre sans se fatiguer". Vaste programme, depuis le temps que ce titre m’interpellait.
Samedi soir, aucune sortie en vue, aucun rencard. Je me couche et je commence à lire. Mon mobile bipe. Texto : "Qu’est-ce que tu fais ce soir ?" Réponse : "Rien de particulier. Et toi ?" Texto retour : "Je serais chez toi dans 2 heures."
Il était dit que je passerais une soirée haïtienne. En attendant la réalité des caresses, je me plonge dans la sensualité des mots. Comment ne pas succomber : ça parle de sexe, de jazz, de littérature et de Freud. Je dévore.
Il sonne à la porte. J’ouvre : il m’embrasse, passe lentement sa main sur ma fesse. "Je vais prendre une douche." Va garçon, moi, je retourne sous la couette et je me replonge dans mon bouquin.
L’eau ne coule plus. Cachée derrière le livre, je le regarde s’essuyer : instant voyeur. J’aime le corps de cette homme, sa musculature, son allure. Il s’allonge sur moi, me prend le livre des mains, lit le titre et se marre. "C’est un de tes compatriotes qui l’a écrit." Il hoche la tête, amusé. Le livre glisse en bas du lit. L’heure n’est plus à la lecture.
Huit heures du mat, j’entends sa respiration. Je souris. Il fait jour : c’est la première fois qu’il reste au delà du lever du soleil. Je n’ose pas bouger, on ne sait jamais, il pourrait s’envoler. Du bout des doigts, je cherche le livre en bas du lit. Il en profite pour se coller à moi. Je love mes fesses contre son sexe endormi. Je sens son souffle régulier dans mon cou. Il dort profondément. J’aperçois sa main sur mon sein. La vision de ma peau blanche contre la peau noire de mes amants m’a toujours procuré un plaisir unique. C’est une vision qui vient toujours après l’amour, quand les corps s’enlacent dans un repos complice. Un frisson de bien-être parcourt mon corps. Il me serre plus fort, pose un baiser sur mon épaule. Il continue sa nuit, je reprends ma lecture.
Mais pourquoi ai-je mis si longtemps à me procurer ce bouquin ? En me posant la question, je me dis qu’il n’y avait qu’à cet instant précis que je devais le lire, dans les bras de cet amant-là, ce jour-là. A cet instant unique de ma vie de femme, de ma vie de Blanche qui a fini par avoir plus d’amants noirs qu’elle n’a eu d’amants blancs. C’est un peu par hasard, beaucoup par sensualité, certainement parce que petite, je voulais tellement être noire que j’avais fini par y croire.
J’ai terminé le livre. Il desserre son étreinte et roule sur le dos. Je me tourne vers lui. Il me sourit : "Alors, tu as la réponse ?" Je rigole. J’enjambe son corps et m’assieds sur lui. Son sexe dressé est une invitation non pas à la fatigue mais à l’épuisement.
15:30 Publié dans L'amour, les Hommes et le Chocolat. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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