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28.06.2006
-21- Un Petit Coup Vite Fait
Rosan me dit qu’il a une réunion pas très loin de chez moi et qu’il aimerait passer juste après. Je ne peux pas lui dire non. Ca fait quinze jours qu’il est en attente. J’ai eu un emploi du temps très chargé. Et pas trop envie de le voir. Il est trop prévisible dans sa façon de faire...
Je mets un CD de Norah Jones. Je m’allonge sur mon lit. Je prends un bouquin. Je l'attends. Vers vingt-trois heures, je sens mes paupières se fermer. Je me dis qu’il m’a posé un lapin. Il ne vient jamais aussi tard. J’enlève la lingerie que j’avais choisie pour lui. Je passe sous la couette et je m’endors.
Vers minuit, il m’appelle : "Tu dormais ?" Je réponds par un "ha ha" étranglé de sommeil. Pas de pitié, il me dit qu’il passe rapidement. Et moi je pense : "Rentre chez toi, tu as une femme qui serait peut être contente d’un petit coup vite fait." Je me rendors le temps qu’il arrive.
Il est en costard. La classe. Rien de tel pour me mettre en appétit. Il y a des choses comme ça, très superficielles qui me font craquer.
Il veut allumer l’ordi. Je lui dis non. "Il est tard, déshabille toi et vient m’honorer." Il rigole. Il est déjà en érection quand il ôte son pantalon. Toujours prêt. Pas de préliminaire. Rosan est un soldat. Bravoure et efficacité. Le pire c’est que je prends toujours mon pied avec lui.
Comme d'habitude, les gestes se répètent. Après deux changements de position, il jouit dans un grognement. Il a quand même l'obligeance d'attendre que je prenne un minimum de plaisir. C'est pour lui la preuve qu'il est un bon amant. Pour une femme, c'est surtout une incitation à la simulation. Il doute tellement peu de lui, qu'il ne verrait pas la supercherie. Il se retire sans un baiser, sans un sourire. Il ôte le préservatif. Il s'essuie soigneusement avec un kleenex et il va se doucher. Il me fait penser à Monsieur Propre avec son crane rasé de près et ses obsessions de tout nettoyer.
Je reste sur le lit. Sentiment d'amertume. D'habitude, son arrogance me fait sourire. Mais ce soir, je n'arrive pas à prendre de la distance. J'avais envie de tendresse.
Il sort de la douche. J'ai remis Norah Jones. Il me dit : "Grave moi ce CD, j'aime bien le son." Non, non, on dit : « Pourrais je caresser l'espoir que tu me graves ce CD ? » L'amertume se transforme en léger agacement. Je n'ai pas envie de jouer la gentille. Je lui dis :
- Amène un CD vierge et je te le graverais la prochaine fois.
- Tu as plein de CD vierges !
- Pourquoi je t'en donnerais un. Qu'est-ce que tu me donnes toi ?
- Je te donne mon corps, dit-il en riant.
- Alors on est quitte parce que je t'ai donné le mien.
Il rigole, pense que je plaisante. Mais comme je ne bouge pas du lit, il se résigne. "Ok, la prochaine fois alors"
Je le raccompagne à la porte. Y aura t'il une prochaine fois ? On verra. Cet homme ne me convient plus vraiment. Je sens qu'il fait parti d'une vieille histoire, d'une période qui est en train de se terminer.
00:25 Publié dans L'amour, les Hommes et le Chocolat. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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