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09.01.2007
-29- Début De Week-End Mouvementé
Le vendredi soir, je rentre du boulot et je vois que Délinois est connecté sur MSN.
- Tu passes me voir ce soir ?
- Non, j'ai rendez vous avec une fille que j'ai croisé sur caramail. Mais je viens te voir demain.
Mon cœur se serre. Mais qu'est ce que je croyais ? Qu'il allait m'attendre comme un gentil toutou alors que je couche avec d'autres types ? C’est bien moi qui rêvais d’une relation libre et durable. La voilà.
Il faut que je trouve un truc à faire ce soir sinon je vais craquer. L'imaginer dans les bras d'une autre, je ne le supporte pas.
Sortir. Toutes les copines sont en week-end. A croire qu'il n'y a que moi qui bosse le samedi. De toute façon, je n'avais pas trop envie de plan entre filles. Luis est en voyage pour quatre jours. J'appelle Olivier. Je sais qu'il est en plein déménagement mais ça me fera du bien de lui parler. Il a débranché son portable... Je lui laisse un message.
Le téléphone sonne. C'est Rosan. Viens mon garçon. Ce soir j'ai un trop plein d'adrénaline.
Corps à corps furieux. Nos peaux sont collées par la sueur. Quand tout est fini, il me regarde bizarrement mais ne fait pas de commentaire. Je prends une douche avec lui. Ou plutôt, en même temps que lui. On ne s'effleure que pour se passer le savon. Pas envie de discuter. Je m'enroule dans un drap de bain et je retourne dans la chambre.
Je m'assieds en tailleur sur le lit et je le regarde s'habiller en silence. Pas de musique. Histoire sans parole. Je le raccompagne à la porte. Baiser rapide. Je ferme la porte. Il la retient :
- Tu vas bien ?
- Non, mais c'est pas grave. Bonsoir Rosan.
Je suis appuyé à la porte. Je retiens mes larmes. Et maintenant quoi ? Suis-je capable de continuer comme si de rien n’était ? Et si je stoppais tout pour me chercher un gentil garçon célibataire…
Je me couche. Le lit est trop grand. L’espace est trop grand. Je voudrais que quelqu’un me prenne dans ses bras.
La voix chaude d'Olivier me réveille :
- Toi tu ne vas pas bien.
- Non j’ai le cafard. Je suis trop conne. A mon âge, croire encore au Prince Charmant.
- C’est qui le Prince Charmant ?
- Délinois… Mais ce soir il est dans les bras de Cendrillon. Il m’en a parlé parce qu’il pense que je suis une fille compréhensive. J’aimerais qu’on m’arrache le cœur sur le champ.
- Laisse ton cœur là où il est. Il attend peut être que tu le lui dises ?
- Lui dire quoi ?
- Que tu l’aimes…
- Je sais depuis le début que c’est un amour impossible. On ne vient pas du même monde. En même temps, je l’apprécie parce qu’il est différent.
- Laisse venir, peut être que ça marchera.
- Mouhai… Je le vois demain soir. Je verrais si j’ai la force de continuer ou si j’arrête avant de trop souffrir.
- Ne te prend pas trop la tête. Essaie de dormir un peu.
- Je vais essayer. Bisous Olivier, je t’adore.
Je me rendors. Vers deux heures du matin, le téléphone me réveille en sursaut. Le numéro de Rosan s’affiche. Tiens, il a du oublier quelque chose. A moins qu’il ne s’inquiète pour moi. Ha ha ha ! Au bout du fil, une voix féminine : "J’aimerais savoir qui vous êtes." Merde ! J’ai une demi seconde pour adopter une stratégie. "Pardon ?" J’essaie de gagner du temps, je la laisse parler, et j’essaie de voir comment m’en sortir.
- Je suis la femme de Rosan. Votre numéro est enregistré sur son mobile. Il vous appelle souvent. Et je veux savoir qui vous êtes.
- Pour m’appeler à une heure pareille, vous devez sûrement avoir une petite idée.
- …
Je lui dis mon prénom, qu’elle a du lire sur le portable.
- J’ai connu Rosan en boite il y a presque 3 ans. Depuis on se voit de temps en temps.
- Pour ?
- Je ne vais pas vous mentir, on couche ensemble, rien de plus.
- Rien de plus ? Mais quelle salope !
Je la laisse m’insulter. J’en aurais fait autant. Je ne me sens pas coupable. Juste triste. Lâcheté des hommes qui préfèrent tromper leur femme au lieu de les quitter quand ça ne va plus. Orgueil des femmes qui pensent que les hommes leur appartiennent et pensent pouvoir les retenir en leur faisant un gamin. J’ai vu les yeux de Rosan s’éclairer quand il m’a parlé de son fils. Et juste après, s’assombrir en me disant que son fils était tout pour lui et qu’il ne pourrait pas vivre sans lui.
Elle pleure. J'imagine qu'il doit dormir pendant ce temps.
- Ecoutez, ce n’est pas avec moi qu’il faut régler le problème. C’est avec Rosan.
- Vous l’aimez ?
- Non, pas du tout. Il peut disparaître de ma vie sans aucun problème.
- Je ne comprends pas.
- Il n’y a rien à comprendre. Ce n’est qu’une histoire de cul. Il vient me voir comme il regarderait un film porno de temps à autre.
- …
- Les questions, il faut les poser à Rosan, pas à moi. Bonsoir, dis je doucement.
Elle ne répond pas. Je raccroche. J’aurais pu lui dire que je suis désolée, que je la comprends. Mais je ne peux pas être l’amie et l’ennemie. Et je n’ai rien à faire dans leurs histoires de couple.
A mon avis, je ne vais pas le revoir d'aussitôt le Rosan. Ce n'est peut-être pas un mal après tout...
00:05 Publié dans L'amour, les Hommes et le Chocolat. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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