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30.05.2007
Plaisir Solitaire
L’eau brûlante me mordille l’orteil. Je plonge mon pied en retenant mon souffle. J’attends un petit moment avant de finir d’enjamber la baignoire. Je commence à m’accroupir. Vapeur et odeur de vanille m’enveloppent peu à peu. Mes fesses frôlent l’eau ; j’hésite un instant à offrir à l’extrême chaleur le reste de mon corps. Mais je ferme les yeux et me laisse glisser lentement sous l’épaisse couche de bulles blanches qui virevoltent à mon contact. Je m’allonge et enfonce peu à peu ma tête. Je sens ma chevelure flotter en étoile autour de mon visage. La chaleur m’engourdit. Je remonte doucement et entrouvre les yeux. L’eau en mouvement caresse lascivement mon corps.
Je verse un peu de shampoing dans ma main et commence à me laver les cheveux. Mes doigts à la fois doux et fermes parcourent mon crâne en un massage appliqué. Je me laisse absorber par des pensées lointaines. Des souvenirs nocturnes de mains qui m’agrippaient entre caresse et possession.
Je regarde mon corps à moitié immergé. La lumière vacillante des bougies dessine d’étranges ombres sur ma peau. Je joue avec la mousse qui ruisselle le long de mes cuisses. J’en récupère un peu pour recouvrir mes seins qui pointent tels deux îles au milieu d’un océan de chaleur. Mes mains encerclent ces deux collines, les pressent tendrement. Réflexe apaisant venu de mes nuits blanches solitaires. Mes pouces s’amusent de mes tétons qui se plissent et se durcissent de façon incontrôlée. La texture savonneuse du bain amplifie le plaisir. Une chaleur étrangère à la température ambiante commence à m’envahir. Sensation orgasmique qui me fait serrer les jambes sur mon sexe avide lui aussi de plaisir.
Mon bas-ventre palpite. Pulsation intense vers le haut de ma vulve. Vers ce petit bout de moi qui grossit, implorant la caresse. Mon vagin se contracte comme pour aspirer un sexe mâle imaginaire. J’écarte les jambes tout en soulevant mon bassin hors de l’eau. Sensation de fraîcheur qui me fait soupirer.
Ma main droite lâche le sein qui l’occupait, parcourt tendrement mon ventre et vient recouvrir mon sexe affamé. Mon index explore au ralenti la peau soyeuse de mon intimité gonflée de désir. Il pénètre délicatement cette douce cavité qui aujourd’hui restera inassouvie. Il en flatte tous les plis intérieurs dans un mouvement de va et vient proche de la nonchalance. Enduit d’une abondante onctuosité, il remonte prodiguer sa caresse au petit prétentieux en mal de câlinerie. Un deuxième doigt puis un troisième viennent accompagner ce geste attentionné qui entoure, frôle, titille et rassasie la demande animale.
Je jouis sans tarder dans un gémissement qui résonne en écho dans l’espace clos de la salle de bain. Mes jambes qui se resserrent lentement, emprisonnent ma main. Je repose mes fesses au fond de la baignoire. Le calme revient à la surface de l’eau où il ne reste presque plus de mousse. Seules de petites ondes régulières continuent de se propager sous l’impulsion des battements de mon cœur pas tout à fait calmé.
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13.05.2007
Cet Obscur Objet Du Désir...
J’en ai connu un attachant, qui penchait la tête à gauche comme pour me dire : « Est-ce que je te plais ? »
J’en ai connu un étonnant. Même dressé il retombait. Comme cassé.
J’en ai connu un surprenant. Long et fin. Pic à glace je l’avais surnommé.
J’en ai connu un bucolique. Un vrai champignon. Hampe fine et très chapeauté.
J’en ai connu un inclassable. Sur lui ma main ne pouvait pas se fermer.
J’en ai connu un tout joufflu. Par moment j’avais l’impression de pratiquer l’apnée.
J’en ai connu un tout plissé. Comme un sharpei. Pour le décalotter, il ne fallait pas être pressée.
J’en ai connu un tout petit, tout râblé. Costaud comme son propriétaire et jamais fatigué.
J’en ai connu un tout courbé. Le plus grand jamais rencontré. La main sur le ventre je le sentais taper. Ca me faisait marrer.
J’en ai connu un très hargneux. Comme un forcené il tambourinait.
J’en ai connu un ridicule. Puis un deuxième des années après. Je ne me suis jamais autant ennuyée.
J’en ai connu un fatigué. A peine parti, il s’arrêtait.
J’en ai connu un très gourmand. Jamais il n’était rassasié.
J’en ai connu un arrogant. Méprisant et fier il se dressait.
J’en ai connu un très timide. Jamais il ne m’a pénétré. Il voulait juste des baisers.
J’en ai connu bien d’autres encore. Des appétissants, des excitants, des impressionnants, des craquants, des puissants, des bluffants ou encore quelques décevants et même des feignants. Mais en y réfléchissant, j’en ai rarement croisé un qui esthétiquement me laisse bouche bée.
A mes yeux, en dehors du désir qu'il peut m'inspirer et du plaisir qu'il peut me donner, pour un sexe d'homme, intérieure est la beauté.
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