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18.07.2007

On Ne Met Pas Un Lion En Cage

9ea4ffdbbd3aeaf28658bee7585d79a6.jpgMais qu’est-ce qu’il a aujourd’hui ? Je ne le reconnais pas. Si calme d’habitude, là il tourne en rond. Comme s’il avait envie de partir alors qu’il vient à peine d’arriver. Je lui passe la main sur le torse. Il s’éloigne à l’autre bout de la pièce. Ok, c’est lui qui voit. J’attendrai qu’il vienne me chercher.

Sans un mot, il enlève son pull. Ah, enfin, on va passer aux choses sérieuses ! Il esquisse un sourire en m’entraînant vers la chambre.

D’un geste, il me suggère de m’allonger sur le ventre. Il passe sa main sur mon dos comme on défroisserait le drap d’un lit. Il y a vraiment quelque chose qui ne va pas.

Bruit du préservatif qu’on extrait de son emballage. Il se colle à moi et glisse sa main entre mes cuisses. Le plaisir monte peu à peu, mais il s'arrête brusquement. Il se redresse et s’assied. Je l’entends râler. Je me tourne vers lui, étonnée. "Désolé, je n’y arrive pas !"

Il se laisse tomber sur le dos. Dans la semi obscurité j’aperçois son regard perdu dans le vague. Accoudée, je le dévisage amusée. En quatre ans, c’est la première fois que ça lui arrive. Il tourne la tête vers moi : "Je me suis fait arracher une dent aujourd’hui. Je pense que c’est l’anesthésie". Mais oui, c’est sûrement ça. Je me pince les lèvres pour ne pas rire. Il me regarde avec des yeux de cocker. Son désarroi m’inspire une bouffée de tendresse. Je l’embrasse doucement et pose ma tête sur sa poitrine. "Ce n’est pas grave" lui dis-je, "Je suis contente que tu sois là". Il m’enlace doucement.

On parle. De quoi, je ne sais plus. Mais au bout d’un moment, mes baisers qui ponctuent ses paroles m’amènent vers son sexe endormi. Ma langue s’amuse longuement de ce membre d’habitude si vigoureux. Devant l’immobilité persistante, je le happe lentement.

Je ne bouge plus, maintenant une douce pression à la limite de la succion. Son sexe est prisonnier de ma chaleur. Je le sens gonfler et durcir, prenant de plus en plus de place dans ma bouche. Sensation indescriptible. Mues par un réflexe charnel, mes lèvres amorcent un va et vient lent et sensuel.

Echange de regards. Il me sourit. Il me tend un préservatif. J’ai du mal à abandonner son sexe maintenant réveillé, mais je sais les secrets de cet homme. Il ne se laissera jamais aller jusqu’au bout.

Délicatement, je fais glisser l’enveloppe de plastique. Il se redresse et m’attire à lui tout en m’allongeant sur le dos. Que c'est bon de le retrouver...

Il rentre chez lui. Dans la soirée, il me contacte sur msn. « Il faut que je te dise quelque chose que je n’ai pas pu te dire tout à l’heure. Je vais me marier samedi prochain. J’arrête mes escapades, je dois être sérieux maintenant. » Je fais la grimace. Mais je lui cache ma déception. Je trouve le courage de le féliciter, je lui souhaite le meilleur. Il se déconnecte. Gros cafard.



Quelques temps plus tard, je recevrai un texto : "On ne met pas un lion en cage. Je peux passer te voir ma chérie ?"

01.07.2007

La Belle Et La Bête

5da1b4e883227ef7afd1443db68378ce.jpgMadame Leprince de Beaumont, gouvernante et éducatrice de jeunes enfants, n'imaginait sans doute pas que le conte qu'elle a écrit dans le but d'enseigner certaines valeurs morales à ses élèves serait ainsi réinterprété.

De quoi réchauffer Walt Disney dans son cercueil cryogénique, amuser Jean Cocteau et satisfaire Bruno Bettelheim.

Pour ma part, je suis ravie d'ajouter cet album délicieusement coquin dans ma bibliothèque. Sur chaque double page, une phrase du texte original revisité par le Marquis de Carabas est illustrée par un dessin en noir et blanc, à la fois simple et raffiné, d'une sensualité incroyable. A faire rougir de plaisir les grands enfants lubriques que nous sommes.

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Moceaux choisis de la Belle et la Bête - Le Marquis de Carabas
Illustrations de Nicole Claveloux - Eden Editeur