« Désir Impératif | Page d'accueil | ll Y A Des Soirs Comme Ca... »

03.09.2007

Entre Ombre Et Lumière

Une histoire à deux voix...

LUI : Il était environ 6 h du matin, j’allais franchir cette porte. Je me retourne, l’embrasse, passe mes doigts dans ses cheveux, la contemple une dernière fois. Au dernier regard, je distingue sa belle silhouette toute blanche en contre jour. Comme une diva sorti des étoiles elle esquisse un petit sourire. Je fais de même, la porte se ferme derrière moi.
Une fois dehors je retrouve Paris, léger comme cet air frais matinal, tellement léger que ma tête s’est souvenu quelle avait oublié son « gavrochard ». Gavroche, Paris, cela vous dit quelque chose ?
Paris s’éveille ! Un éternel recommencement. Ce spectacle m’a toujours émerveillé sauf ce matin là. Décidément ma tête est ailleurs.
Pour prolonger le plaisir j’envoie un message électronique (texto pour les initiés). « J’ai passé une super soirée et une bonne nuit »
Dès le quai de Seine passé, mon corps redescend sur terre alors que mon esprit plane toujours.
On est samedi il est bientôt 10 heures, la vie recommence comme si de rien n’était.
Un sentiment étrange m’envahit dans la soirée. Je n’ai pas eu de réponse à mon message électronique. Cette réponse devenait pour moi un enjeu, comme un prolongement de l’histoire. Une sorte d’obsession qui au fil du temps devenait insupportable. Je décide de reprendre contact. Coup de fil et messages électroniques n’y changeront rien. Ma réaction fut soudaine : « c’est mort ».
Tout le week-end fut une alternance de calme, de méditation, de remise en cause, d’euphorie, et de sommeil. Un sommeil tellement profond qu’au réveil ce songe m’est réapparu.
J’ai rêvé.
J’ai fait l’amour avec une étoile filante.


49562de3756fa920eb67a0bc7171acd6.jpg


MOI : Il est là, dans l’embrasure de la porte, m’embrassant une dernière fois. Il dévale l’escalier en souriant. La porte se ferme sur un dernier regard complice.
Dans un semblant de réflexe, je vais m’asseoir sur l’accoudoir du canapé près de la fenêtre pour le regarder partir dans la lueur incertaine du matin.
Mais je ne le vois plus. Des larmes brouillent ma vue. Six mois plus tôt, assise là, je regardais s’éloigner l’homme que j’aimais sans savoir qu’il ne reviendrait plus. Même picotement de froid sur ma peau nue, même frisson parcourant mon corps fatigué, même couleur grise dans ciel de Paris.
Sensation de vide qui m’attire vers l’obscurité de la chambre à coucher. Je m’allonge et respire les draps encore imprégnés de la sensualité de la nuit. Mais rien n’efface les souvenirs qui m’envahissent. Le disque que j’avais mis avant son départ s’arrête presque trop brusquement. Silence étouffant que je voudrais pouvoir faire taire.
La sonnerie de mon portable me fait sursauter. Je lis son enthousiasme dans les quelques mots qu’il m’envoie. Je ne peux pas répondre. Que répondre à l’espoir d’un futur quand le passé vous étreint ?
Je me lève. Je découvre sa casquette oubliée sur la chaise. Pourquoi l’a-t-il oublié ? Question oppressante aux réponses impossibles. Histoire colorée de tristesse avant d’avoir pu commencer.
Le téléphone sonnera deux fois, trois fois… Mal-être qui rend lâche. Trop douloureux de lui parler. Juste un mail pour lui dire que je suis désolée, que j’avais cru pouvoir effacer le passé dans ses bras mais que je ne peux pas. Un clic sur la touche envoi, j’espère qu’il me pardonnera…

Les commentaires sont fermés.