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18.12.2007
Les Corps Se Souviennent...
Il m’appelle d’en bas de chez moi pour avoir le code. J’ouvre la porte de l’appartement, je l’attends. Ses pas dans l’escalier, la pénombre. Combien d’amants ai-je attendu ainsi ? Lui-même il y a si longtemps. En le voyant là, je me rends compte que j’ai envie de lui. Cela me fait rire. Il me demande pourquoi cette joie soudaine. Pirouette. Je trouve une explication bidon tout en lui faisant la bise.
Je prépare un dîner rapide. Je lui raconte mon été, mes projets. Il me parle de sa démission et de son futur boulot, à la fin du mois, juste à côté de chez moi.
Après le repas, on s’installe sur le canapé. Je lui parle de mes hommes. Je le fais depuis des années. Depuis qu’il n’est plus celui qui me chavirait. Il me parle de sa compagne et de ses enfants. Tout en l’écoutant, je le détaille. Il a changé. Son corps a pris de l’ampleur, de la maturité. Et n’a rien perdu de sa sensualité. Il me revient à l’esprit cette phrase qu’il m’a dite autrefois : « Les corps se souviennent, tu seras toujours mienne ».
Il s’installe plus confortablement. Comme s’il n’avait pas envie de partir. J’ai envie de l’approcher, de le toucher, de le sentir, de l’embrasser. De laisser faire mes envies. J’efface mentalement cette idée en pensant à tout ce que cela pourrait entraîner.
Il est minuit passé. Cette fois, il doit rentrer chez lui. Il met sa veste, sa casquette. Bisou, bisou, à très bientôt.
Mais il y a du monde dans l’escalier. Il repousse la porte. On plaisante le temps que la lumière s’éteigne. Il ouvre à nouveau la porte. Juste avant de sortir il se rapproche de moi pour me faire une dernière bise. Et là, instant irréel, il pose ses lèvres sur les miennes puis disparaît.
Comment avais-je pu oublier la douceur de ses baisers ? Comment avais-je pu oublier cette électricité qui nous traversait lorsqu’on se touchait ? Comment avais-je pu oublier cette complicité animale qui nous faisait nous comprendre sans parler…
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