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31.05.2008
Amour Toujours ?
A dix ans, je rêvais du Prince Charmant.
A vingt ans, je ne pouvais pas imaginer coucher avec un homme sans l'aimer.
Et je me suis mariée.
A trente ans, je me morfondais dans une solitude que je trouvais injuste.
Quelques temps après, je découvrais les relations d'un soir, les expériences multiples, le plaisir du sexe pour le sexe.
J'ai rencontré la passion une fois.
Puis à nouveau l'amour.
A quarante ans, j'ai trouvé la quiétude.
Les hommes m'étonnent encore, mais je ne me pose plus de questions sur l'amour.
Je l'ai rencontré il y a six ans. Une rencontre inattendue qui ne laissait rien présager de la suite. Une suite que je n'aurais jamais pu imaginer.
Il est vite devenu mon amant. Il n'était pas le seul. Il le savait. Il en connaissait certains. Je suis devenue sa maîtresse. De sa compagne, je ne savais pas grand chose et ne voulais rien savoir de plus. Nous n'attendions l'un de l'autre que des moments agréables à partager dans l'intimité. Pas de sorties, pas de bla-bla, pas d'enrobage. Du plaisir, rien que du plaisir.
Un jour, j'ai cru être tombée amoureuse de lui. J'avais pris le plaisir qu'il m'offrait et la complicité qui s'était ajoutée à nos ébats pour la possibilité d'une vraie relation. Je me trompais. Ce n'était que le signe d'un besoin d'amour, pas de l'amour pour lui.
J'ai alors commencé à chercher... sur le net. Au bout de quelques mois, j'ai croisé un homme avec qui il semblait possible de construire quelque chose. J'ai dit au revoir à mon amant deux jours avant le premier rendez-vous. Compréhensif, il s'est éclipsé avec juste un "donne-moi de tes nouvelles".
Quand l'histoire d'amour s'est achevée, il est revenu. Patiemment, il m'a aidé à panser mes blessures sans poser de question. Deux ans après, il est toujours là, fidèle à nos rendez-vous.
Sur la forme, rien n'a vraiment changé. J'ai de nouveaux amants, il est toujours avec sa compagne devenue entre temps sa femme. Nous continuons à nous voir chez moi, sans régularité imposée, et chaque rendez-vous débute par la tombée des vêtements.
C'est ce qui se passe après qui a changé.
Même si nos corps ont toujours été complices, s'est rajouté à nos gestes une certaine tendresse qui n'était pas là au début. Et dans nos paroles, en plus du profond respect que nous avons toujours eu l'un pour l'autre, on peut lire maintenant une solide amitié.
L'autre jour j'ai réalisé que c'est la plus longue relation que j'ai jamais vécu avec un homme en dehors de mon mariage. Une relation qui n'a pourtant rien à voir avec l'amour. Une relation qui perdure sans jamais avoir sombré dans la lassitude. Peut-être parce qu'on ne s'épuise pas à attendre de l'autre quelque chose qu'il ne nous donnera jamais...
Une relation unique.
Mais toutes les relations ne sont-elles pas uniques ? Ne détruisons-nous pas cette unicité en voulant faire coller nos idéaux amoureux à une certaine norme... alors qu'en amour, tout est toujours à inventer.
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19.05.2008
Dans La Lumière Rouge
Elle était là, debout, immobile dans la lumière rouge du fleuriste de la Place Pereire. Il devait être une heure du matin et je rentrais chez moi. Quand j’ai tourné au coin de la rue, sa présence m’a surprise. Je me suis arrêtée fascinée par sa prestance, son allure. Elle était juste assez vêtue pour masquer seulement l’essentiel. Elle portait une perruque blonde coupée au carré qui prenait des reflets roses sous les spots de la vitrine. Elle m’a fait penser à Pris, l’androïde de Blade Runner, conçue pour donner du plaisir. Et comme Pris, elle était là pour offrir ses services aux passants perdus dans la nuit.
Sous la résille de son tee-shirt, j’apercevais ses seins ronds, fermes, parfaits. J’avais envie de tendre la main pour les toucher. J’étais troublée par ce désir soudain. Mes mains se sont enfoncées dans les poches de mon manteau.
J’ai esquissé un léger mouvement de tête comme pour lui dire bonsoir. Elle n’a pas cillé, n’a pas bougé un muscle, aussi statique qu’un mannequin de plastique. Cela la rendait encore plus irréelle. J’ai baissé les yeux et repris mon chemin avec la sensation étrange d’avoir rêvé cet instant.

21:26 Publié dans Pensées, rêveries et autres élucubrations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


