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04.11.2008

La Croisière S'Amuse

catamaranfk1.jpgIl s'est assis à côté de moi et a commencé à me montrer les étoiles qu'on ne voit que dans l'hémisphère sud. La lune était presque pleine et les nuages avaient créé autour d'elle une couronne blanche. Ca avait quelque chose de magique. Normal que de nombreux peuples primitifs aient adoré cet astre.
Nous avons discuté un moment tranquillement. Je me demandais s'il allait passer à l'action quand il a dit : "Je peux te dire quelque chose ?" Je n'ai pu m'empêcher de rire. C'est ce genre de chose qui m'amusent beaucoup chez les hommes. Quand ils agissent comme des enfants et en deviennent transparents. Il a ri aussi en me disant : "Évidemment, ça fait une demi-heure que je t'en dis des choses...". Et sans un mot de plus, il s'est assis sur sa chaise longue et s'est penché vers moi pour m'embrasser. C'était doux... Et ça aurait pu durer une éternité si nous n'avions pas entendu des pas sur le pont juste au dessous de nous. Il s'est rallongé sur sa chaise : "On ne peut pas rester ici..."
Sur un catamaran, il n'y a pas trop d'endroit où aller pour ne pas être vu des autres. Nous avons convenu de nous retrouver dans ma cabine, le temps qu'il fasse semblant de dormir dans le dortoir qu'il partageait avec trois autres membres de l'équipage.
Il est arrivé vers 22H. Il n'a pas fallu longtemps pour nous retrouver nus sur le grand lit. De suite, j'ai aimé ça façon de faire. Il savait allier tendresse, sensualité, imagination et maitrise. L'habileté manuelle dont il avait fait preuve l'après-midi en réparant mon appareil photo était au rendez-vous et les mots doux, virant parfois à une vulgarité que seule ce genre de situation peut permettre, me faisaient chavirer.
Lorsque nous nous sommes enfin écroulés de plaisir, nos corps luisants de sueur dans la lumière de la lune, il était presque minuit. Nous sommes allé prendre une douche rapide, j'ai mis un fond de salsa sur mon PC et nous sommes restés enlacés à discuter un moment avant de nous endormir. Vers deux heures du matin, nous avons entendu l'ancre se lever. Il s'est redressé, inquiet. Il allait devoir feinter pour retourner dans son lit sans que personne ne s'aperçoive de son absence. Il m'a regardé et a passé tendrement sa main sur mes seins. "Tant pis" a-t-il dit en se collant à moi. Et tout en suivant le roulis du catamaran qui venait de démarrer, nos corps se sont à nouveaux unis pour un long moment de plaisir.
Avant de quitter ma cabine, il m'a demandé s'il pouvait revenir le lendemain. J'ai trouvé ça adorable, cette façon à la fois élégante et enfantine de se rassurer.

La journée fût rude physiquement. Mais je ne pouvais pas me plaindre publiquement. Je suis quand même remontée plus vite que les autres pour me reposer un peu au soleil. En fin d'après midi, je l'ai rejoint au bar pour prendre une piña colada qu'il m'a servi agrémenté de mots doux et de petits sourires coquins. Les américains papillonnaient autour de nous sans se douter de ce qui se tramait. C'est pratique de pouvoir parler une langue que personne d'autre ne comprend. Utiliser un vocabulaire érotique tout en faisant semblant d'être sérieux. Ça rend l'exercice plus qu'excitant...

Cette nuit là a elle aussi commencé sous la lune pour finir dans ma cabine. Le temps qu'il vienne me rejoindre, je m'étais endormie. Sensation délicieuse que celle d'être réveillée par des mains caressantes. Dans un demi-sommeil, je lui ai dit : "Tu peux abuser de moi, je n'ai pas envie de me réveiller de ce rêve". Et il a abusé de moi pour la dernière fois. Quand il m'a embrassé avant de quitter la cabine, je me suis sentie triste : c'était la dernière nuit, les derniers instants sur ce beau bateau. Et je savais qu'au matin, nous n'aurions plus le droit de nous toucher.

Lorsque je suis descendue du catamaran avec ma valise, les larmes coulaient sous mes lunettes de soleil. Pas seulement pour lui. Pour tout ce que j'avais vécu, vu, apprécié, compris sur ce bateau. Un dernier regard et il est rentré à l'intérieur. Il était le seul à ne pas rester pour saluer ceux qui partaient.

Arrivés à l'aéroport, alors que j'étais en train d'écrire à une amie sur un banc, le guide s'est installé à côté de moi pour discuter. Au bout d'un moment, il me dit : "Tu sais que tu as laissé un cœur meurtri sur le bateau ?" Je l'ai regardé et j'ai souris. "Les cœurs latins s'enflamment vite et se consolent tout aussi rapidement. Je le sais, j'en ai un".







Porque se van los pequeños momentos
Los dias sin tiempo
Las noches sin sueños
Los miedos ingenuos que a veces pudieron llegar a gustar
Porque se van las mejores palabras de amor
La mañana los dos en la cama
Sin pensar en nada
Y habra que esconderse como los de mas.

Regalame tus besos que queman, que queman
Me enreda lo que falta, lo que se aleja
Que importa lo que hicimos
Y aunque me quieras
Te olvidaras de mi

... Hoy brindo por ti
Y brindo por mi.

25 años - Raul PAZ


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