03.12.2008
Géométrie Des Corps
On s’était promis un corps à corps sauvage, un échange intense de postures exotiques. Le manque de temps pour nous retrouver ne faisait qu’empirer les effets fantasmatiques de nos promesses. Ses appels se faisaient de plus en plus pressants. Et quand enfin je fus libre, c’est lui qui se retrouva coincé. Mais dans un ultime message, il envoya bouler ses obligations pour se retrouver au plus vite dans mon lit.
Ce qui devait être le choc des titans se traduisit autrement. A ses premiers gestes je sentis qu’on ne baiserait pas ce soir là. Sa manière de m’embrasser, de m’enfermer tendrement dans ses bras, de me dire des mots doux à l’oreille… C’est si inhabituel. Et si intrigant aussi. J’ai gardé les yeux ouverts sur cet homme qui me surplombait majestueusement. Et ce que j’ai vu m’a ému. Nos deux corps si complémentaires dans une géométrie parfaite de lignes. Mes cuisses blanches ouvertes accueillant en plongée le bas de son corps d’ébène qui me pénétrait lentement. Nos ventres qui se touchaient par intermittence. Mes seins tendus vers son torse puissant. Ses épaules impressionnantes et ses bras posés solidement de chaque côté de mon torse.
La seule expression qui me vint alors fut : « Dieu que tu es beau ! ». Je ne suis pourtant pas croyante. Mais cette vision là avait quelque chose d’un moment de grâce. Il m’a regardé en plissant des yeux avant de m’embrasser tendrement. J’ai ramené mes jambes autour de sa taille. Il a resserré son étreinte en passant une de ses mains sous ma tête pour agripper mes cheveux. Son autre main a joint mes poignets pour les maintenir fermement. Sentiment délicieux d’être possédée par lui.
Il avait décidé de prendre son temps. Il calquait son rythme sur celui des musiques que j’avais choisies avant son arrivée. Il marquait des pauses après chaque morceau avant de repartir de façon douce ou plus brutale.
Je sentis monter lentement en moi les palpitations d’un premier orgasme. Il me dit : « S’il te plait ma chérie, ne gémit pas sinon je vais exploser aussi... ». S’il ne s’était pas montré aussi tendre, j’aurais pris un malin plaisir à le faire craquer. Mais je voulais que ça dure encore et encore.
Bercée par ses mouvements, je me mis à penser à notre histoire. A cette expérience unique de nos deux corps qui se côtoient depuis si longtemps déjà et qui n’en finissent pas de se découvrir. A l’immensité des possibilités qui fait de chacune de nos rencontres quelque chose d’unique. A cette improbable relation en miroir où chacun de nous trouve une satisfaction qui ne se soutient ni de l’amour, ni de l’habitude et qui n’est toujours pas atteinte par la lassitude. Imperceptiblement, mes pensées me menaient toute entière vers la jouissance. Je me mis à gémir sans contrôle possible. « Chut princesse, chut… », m’implora-t-il. Mais il était trop tard. Je sentis tout son corps se contracter. Au même moment, au plus profond de moi, les douces pulsations de sa verge déversant son flot séminal me procuraient un plaisir inégalable.
Il m’embrassa encore une fois avant de poser sa tête sur ma poitrine. Nous sommes restés ainsi un long moment en silence. Et puis il s’est mis à parler des derniers évènements de sa vie. Son corps abandonné sur le mien, sa tête posé au creux de mes seins, il me donnait l’impression d’être une plage sur laquelle il était venu s’échouer.
Que venait-il chercher dans mes bras ?
23:00 Publié dans Eux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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