07.11.2008

Retrouvailles

retrouvaillesgg7.jpgOn se regarde, on se jauge, chacun d'un côté du lit, comme deux guerriers avant le combat. Les vêtements tombent au sol.

" - Alors comme ça, tu n'as pas pu rester deux mois sans faire l'amour.
- Que veux-tu, c'était si gentiment proposé. Et sur un bateau en plus, je n'ai pas pu résister."

Il plisse les yeux, monte sur le lit. Je le rejoins en le défiant du regard.
" - Et puis, c'était tellement bien fait que j'en ai redemandé !"

Je rigole. Il me renverse sur le dos et use de sa force pour m'immobiliser. Il m'étreint si fort que je ne peux pas me dégager. Je ne cherche pas trop à le faire à vrai dire.
J'enroule mes jambes autour de sa taille. Sa main empoigne mes cheveux, tire ma tête en arrière. Il m'embrasse dans le cou. Tout en me pénétrant lentement, il me susurre à l'oreille :
" - Je suis sur que ce n'était pas aussi bien qu'avec moi."

Le bougre ! Il faudrait que j'arrête de le flatter.
Même s'il a raison...

04.11.2008

La Croisière S'Amuse

catamaranfk1.jpgIl s'est assis à côté de moi et a commencé à me montrer les étoiles qu'on ne voit que dans l'hémisphère sud. La lune était presque pleine et les nuages avaient créé autour d'elle une couronne blanche. Ca avait quelque chose de magique. Normal que de nombreux peuples primitifs aient adoré cet astre.
Nous avons discuté un moment tranquillement. Je me demandais s'il allait passer à l'action quand il a dit : "Je peux te dire quelque chose ?" Je n'ai pu m'empêcher de rire. C'est ce genre de chose qui m'amusent beaucoup chez les hommes. Quand ils agissent comme des enfants et en deviennent transparents. Il a ri aussi en me disant : "Évidemment, ça fait une demi-heure que je t'en dis des choses...". Et sans un mot de plus, il s'est assis sur sa chaise longue et s'est penché vers moi pour m'embrasser. C'était doux... Et ça aurait pu durer une éternité si nous n'avions pas entendu des pas sur le pont juste au dessous de nous. Il s'est rallongé sur sa chaise : "On ne peut pas rester ici..."
Sur un catamaran, il n'y a pas trop d'endroit où aller pour ne pas être vu des autres. Nous avons convenu de nous retrouver dans ma cabine, le temps qu'il fasse semblant de dormir dans le dortoir qu'il partageait avec trois autres membres de l'équipage.
Il est arrivé vers 22H. Il n'a pas fallu longtemps pour nous retrouver nus sur le grand lit. De suite, j'ai aimé ça façon de faire. Il savait allier tendresse, sensualité, imagination et maitrise. L'habileté manuelle dont il avait fait preuve l'après-midi en réparant mon appareil photo était au rendez-vous et les mots doux, virant parfois à une vulgarité que seule ce genre de situation peut permettre, me faisaient chavirer.
Lorsque nous nous sommes enfin écroulés de plaisir, nos corps luisants de sueur dans la lumière de la lune, il était presque minuit. Nous sommes allé prendre une douche rapide, j'ai mis un fond de salsa sur mon PC et nous sommes restés enlacés à discuter un moment avant de nous endormir. Vers deux heures du matin, nous avons entendu l'ancre se lever. Il s'est redressé, inquiet. Il allait devoir feinter pour retourner dans son lit sans que personne ne s'aperçoive de son absence. Il m'a regardé et a passé tendrement sa main sur mes seins. "Tant pis" a-t-il dit en se collant à moi. Et tout en suivant le roulis du catamaran qui venait de démarrer, nos corps se sont à nouveaux unis pour un long moment de plaisir.
Avant de quitter ma cabine, il m'a demandé s'il pouvait revenir le lendemain. J'ai trouvé ça adorable, cette façon à la fois élégante et enfantine de se rassurer.

La journée fût rude physiquement. Mais je ne pouvais pas me plaindre publiquement. Je suis quand même remontée plus vite que les autres pour me reposer un peu au soleil. En fin d'après midi, je l'ai rejoint au bar pour prendre une piña colada qu'il m'a servi agrémenté de mots doux et de petits sourires coquins. Les américains papillonnaient autour de nous sans se douter de ce qui se tramait. C'est pratique de pouvoir parler une langue que personne d'autre ne comprend. Utiliser un vocabulaire érotique tout en faisant semblant d'être sérieux. Ça rend l'exercice plus qu'excitant...

Cette nuit là a elle aussi commencé sous la lune pour finir dans ma cabine. Le temps qu'il vienne me rejoindre, je m'étais endormie. Sensation délicieuse que celle d'être réveillée par des mains caressantes. Dans un demi-sommeil, je lui ai dit : "Tu peux abuser de moi, je n'ai pas envie de me réveiller de ce rêve". Et il a abusé de moi pour la dernière fois. Quand il m'a embrassé avant de quitter la cabine, je me suis sentie triste : c'était la dernière nuit, les derniers instants sur ce beau bateau. Et je savais qu'au matin, nous n'aurions plus le droit de nous toucher.

Lorsque je suis descendue du catamaran avec ma valise, les larmes coulaient sous mes lunettes de soleil. Pas seulement pour lui. Pour tout ce que j'avais vécu, vu, apprécié, compris sur ce bateau. Un dernier regard et il est rentré à l'intérieur. Il était le seul à ne pas rester pour saluer ceux qui partaient.

Arrivés à l'aéroport, alors que j'étais en train d'écrire à une amie sur un banc, le guide s'est installé à côté de moi pour discuter. Au bout d'un moment, il me dit : "Tu sais que tu as laissé un cœur meurtri sur le bateau ?" Je l'ai regardé et j'ai souris. "Les cœurs latins s'enflamment vite et se consolent tout aussi rapidement. Je le sais, j'en ai un".







Porque se van los pequeños momentos
Los dias sin tiempo
Las noches sin sueños
Los miedos ingenuos que a veces pudieron llegar a gustar
Porque se van las mejores palabras de amor
La mañana los dos en la cama
Sin pensar en nada
Y habra que esconderse como los de mas.

Regalame tus besos que queman, que queman
Me enreda lo que falta, lo que se aleja
Que importa lo que hicimos
Y aunque me quieras
Te olvidaras de mi

... Hoy brindo por ti
Y brindo por mi.

25 años - Raul PAZ


31.10.2008

Adjectif Possessif

En grammaire française, un adjectif possessif (ou déterminatif possessif) est une sous-catégorie de déterminant défini, ajoutant à l'actualisation du nom noyau, une idée de possession, de propriété… [source WIKIPEDIA]

Exemple : mon amour…


Il y a quelques jours, je pensais aux hommes qui ont partagé ma vie.
Je me disais que je pourrais encore aujourd'hui leur dire à tous :

"Tu restes mon amour".

J’ai soudain réalisé l’égocentrisme de ces paroles.
Est-ce qu'ils sont mes amours ou ceux sur qui j’ai projeté mon amour, celui que je porte en moi ?
J’ai alors décidé que jamais plus je ne dirais :

"Tu es mon amour",

mais :

"Tu es l’homme que j’aime".

29.10.2008

Premières Fois

mixed-kiss.jpgLa première fois que j'ai embrassé "avec la langue" ce n'était pas un garçon mais une fille pour s'entrainer.

La première fois que j'ai écrit sur les hommes que j'ai aimé j'ai écrit ceci : "Le premier homme que j'ai aimé n'était pas encore un homme. C'était un petit garçon de six ans et moi je n'étais qu'une gamine du même age qui observait déjà le monde en silence."

La première fois que j'ai couché avec un garçon, je me suis dit : "Bof, c'est ça faire l'amour ?"

La première fois qu'il est monté dans ma voiture, il avait marché dans une merde de chien. Ca ne pouvait que nous porter bonheur.

La première fois que j'ai refait l'amour après mon divorce je me suis dit : "Finalement c'est comme le vélo, ça ne s'oublie pas."

La première fois qu'il s'est déshabillé, j'ai pensé : "Mais que vais-je faire avec ça ?". Cinq centimètres en érection, ça vous en bouche un coin, mais pas le bon.

La première fois que je l'ai vu, je me suis dit : "Je le veux, je l'aurais !"
Et je l'ai eu.

La première fois que j'ai trompé, c'était avec un mec qui m'a trompé à son tour.

La première fois que j'ai couché avec lui, j'aurais mieux fait de me casser une jambe.

La première fois que je lui ai fait une fellation, il n'a rien osé me dire. Quelques temps après, il m'a avoué qu'il n'aimait pas ça avant de me connaitre.

La première fois qu'il m'a dit : "Tu es à moi ! Tu dois faire ce que je te dis !", je lui ai dit d'aller voir ailleurs.

La première fois qu'il m'a abordé, je savais qu'on coucherait ensemble.

La première fois qu'il m'a sourit, j'ai craqué.

La première fois qu'on a parlé sur msn, je l'ai trouvé con. Et puis je suis tombé éperduement amoureuse de lui.

La première fois qu'on a couché ensemble a aussi été la dernière. Ca arrive parfois...

La première fois qu'il m'a dit : "On est en couple maintenant", je suis partie en courant !

La première fois que j'ai couché avec deux hommes en même temps, j'ai adoré. Les autres fois, ça n'a jamais été aussi fort. Comme quoi, on devrait parfois en rester aux premières fois.

La première fois qu'il m'a fait l'amour, j'ai fait : "wouhaaaaaaa". Et celà fait 6 ans qu'à chaque fois, je me fais la même réflexion. Comme quoi, les premières fois se suivent mais ne se ressemblent pas.

31.05.2008

Amour Toujours ?

41d36bbcbe63e3c2355fd9b71d722cc7.jpgA dix ans, je rêvais du Prince Charmant.
A vingt ans, je ne pouvais pas imaginer coucher avec un homme sans l'aimer.
Et je me suis mariée.
A trente ans, je me morfondais dans une solitude que je trouvais injuste.
Quelques temps après, je découvrais les relations d'un soir, les expériences multiples, le plaisir du sexe pour le sexe.
J'ai rencontré la passion une fois.
Puis à nouveau l'amour.
A quarante ans, j'ai trouvé la quiétude.
Les hommes m'étonnent encore, mais je ne me pose plus de questions sur l'amour.



Je l'ai rencontré il y a six ans. Une rencontre inattendue qui ne laissait rien présager de la suite. Une suite que je n'aurais jamais pu imaginer.
Il est vite devenu mon amant. Il n'était pas le seul. Il le savait. Il en connaissait certains. Je suis devenue sa maîtresse. De sa compagne, je ne savais pas grand chose et ne voulais rien savoir de plus. Nous n'attendions l'un de l'autre que des moments agréables à partager dans l'intimité. Pas de sorties, pas de bla-bla, pas d'enrobage. Du plaisir, rien que du plaisir.
Un jour, j'ai cru être tombée amoureuse de lui. J'avais pris le plaisir qu'il m'offrait et la complicité qui s'était ajoutée à nos ébats pour la possibilité d'une vraie relation. Je me trompais. Ce n'était que le signe d'un besoin d'amour, pas de l'amour pour lui.
J'ai alors commencé à chercher... sur le net. Au bout de quelques mois, j'ai croisé un homme avec qui il semblait possible de construire quelque chose. J'ai dit au revoir à mon amant deux jours avant le premier rendez-vous. Compréhensif, il s'est éclipsé avec juste un "donne-moi de tes nouvelles".
Quand l'histoire d'amour s'est achevée, il est revenu. Patiemment, il m'a aidé à panser mes blessures sans poser de question. Deux ans après, il est toujours là, fidèle à nos rendez-vous.
Sur la forme, rien n'a vraiment changé. J'ai de nouveaux amants, il est toujours avec sa compagne devenue entre temps sa femme. Nous continuons à nous voir chez moi, sans régularité imposée, et chaque rendez-vous débute par la tombée des vêtements.
C'est ce qui se passe après qui a changé.
Même si nos corps ont toujours été complices, s'est rajouté à nos gestes une certaine tendresse qui n'était pas là au début. Et dans nos paroles, en plus du profond respect que nous avons toujours eu l'un pour l'autre, on peut lire maintenant une solide amitié.

L'autre jour j'ai réalisé que c'est la plus longue relation que j'ai jamais vécu avec un homme en dehors de mon mariage. Une relation qui n'a pourtant rien à voir avec l'amour. Une relation qui perdure sans jamais avoir sombré dans la lassitude. Peut-être parce qu'on ne s'épuise pas à attendre de l'autre quelque chose qu'il ne nous donnera jamais...

Une relation unique.

Mais toutes les relations ne sont-elles pas uniques ? Ne détruisons-nous pas cette unicité en voulant faire coller nos idéaux amoureux à une certaine norme... alors qu'en amour, tout est toujours à inventer.