25.06.2006
Mes Paradoxes
Ni courbe ni droit, parfois bien marqué, parfois un peu flou, quelques fois à effacer pour mieux être redessiné.
J’ai trébuché d’un côté et de l’autre, puis trouver l’équilibre pour marcher sans tomber.
Mais je ne peux empêcher mes semelles de dépasser un peu à droite… un peu à gauche.

Curiosité, rencontres, études, psychanalyse, philosophie, histoire, géopolitique, arts, sciences…
Je voulais comprendre, je voulais savoir.
Le chemin fut long pour découvrir :
Que savoir n’est pas comprendre.
Que l’on ignore ce que l’on sait.
Que vérité d’un jour n’est pas vérité toujours.
Que la partie n’est pas le tout.
Que dire n’est pas faire.
Que le silence a valeur de dire.
Que l’apparence n’est pas la réalité.
Que la réalité fait partie du rêve.
Que le rêve est indispensable pour vivre.
Qu’on ne peut vivre sans aimer.
Qu’on ne peut aimer si l’on n’a rien à donner.
Que donner c’est ne rien attendre en retour.
Qu’on ne peut enrichir l’autre que si l’on est riche soi même
Qu’on voit souvent dans l’autre sa propre image.
Que pour accepter les autres, il faut savoir être seul.
Qu’on peut être seul dans la multitude.
Qu’il n’y a pas d’universel sans singularité.
Qu’entre noir et blanc il existe nombre de gris.
Que plus on touche au complexe plus on apprécie la simplicité.
Que la simplicité offre la liberté.
Le chemin fut long pour trouver cette liberté. Cette liberté d’accepter mes paradoxes.
Etre ou ne pas être ? Tel est la question.
Etre et ne pas être. Tel est ma réponse.
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22.06.2006
-20- La Joconde
Je me regarde dans le miroir. J'aime l'image qu'il me renvoie ce matin. Mélange de sérénité et de sensualité. Délinois a passé une partie de la nuit avec moi. Je me sens bien.
J'ai mis longtemps à m'accepter. A l'adolescence, j'avais décidé de cacher mon corps qui jouait au yo-yo avec la balance. Une mère qui me met au régime trop tôt, et plus tard, un mari qui ne supporte pas que je puisse attirer le regard des autres. J'ai longtemps habité un corps androgyne où toutes formes féminines n'avaient pas lieu de transparaître. Quand je regarde d’anciennes photos, je ne me reconnais pas. Cette fille était vieille avant l'heure.
Quelques kilos en trop. Mais non je ne suis pas grosse, j'ai des formes généreuses, c'est tout ! Avec le temps, j'ai appris à assumer mes rondeurs. Je suis sauvée par mes un-mètre-soixante-treize qui font dire aux gens que je suis une belle plante (un cactus peut-être). Quand mes vêtements tirent la sonnette d'alarme, je me mets au régime. Certains de mes amants me demandent, l'air de rien, de ne pas trop fondre. Ca m'amuse. Les hommes préfèrent-ils vraiment les rondes ?
En fait, il en faut pour tous les goûts. En matière d'hommes, les miens ont changés. Avant c'était plutôt maigreur romantique. Maintenant, c'est surtout gros nounours musclé.
Vieux réflexe préhistorique, quand un homme m'entreprend ou me dit qu'il me trouve belle, je me demande toujours ce qu'il peut bien me trouver. J'interroge Uche. Pourquoi m'a t'il choisie, alors qu'il y avait sur cette plage des centaines de filles bien plus jeunes et plus jolies que moi ? "Tu lisais". Sourire. "Et quand je suis venu te parler, tu n'as pas essayé de cacher ton corps, tes seins. Tu m'as regardé droit dans les yeux et tu m'as souri". Il me résume en quelque mots : regard et sourire. (Les seins aussi mais je ne contrôle pas vraiment leur effet psychologique)
Suis-je la Joconde ? Quand les gens me décrivent, ils parlent tous de mon regard et de mon sourire. Autant j’arrive à capter et jouer avec le premier quand je me regarde dans la glace que mon sourire reste une énigme pour moi.
Regard. Miroir de l'âme dit-on. Moteur de la séduction pour moi. J'adore accrocher celui des hommes dans la rue. Erotisme fugace. Parfois cocasse. Un jour, au supermarché, j'avais repéré un gars tout à fait à mon goût. Je le fixe. Ses yeux croisent les miens. Bang bang, je t'ai eu. Je vois son trouble. Puis son affolement. Il se précipite sur sa copine qui a le nez dans les surgelés et l'embrasse goulûment. Paulo qui avait suivi mon manège, éclate de rire :
- Briseuse de couple !
- Mais non regarde, c'est elle qui empoche les bénéfices.
Je me souviens d’un sourire qui a changé ma vie. Je ruminais encore la séparation avec mon mari. J’étais mal dans ma peau, je me sentais laide. Je broyais du noir. Je marchais toujours la tête baissée. Un jour que j'allais au boulot en regardant mes pieds, je croise un homme dans la rue. Je lève la tête, histoire de ne pas lui rentrer dedans. Quel sourire ! Je n’ai vu que ça. Mes idées noires se sont envolées. Je me suis sentie prête à conquérir le monde. Quelques temps après je me suis abonnée à Internet.
00:25 Publié dans L'amour, les Hommes et le Chocolat. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.06.2006
-19- Le Mystère Délinois
Il était mathématiquement impossible que l’on se rencontre. Le hasard défie parfois les lois de la probabilité. Le hasard c'est la rencontre sur Internet avec Jimmy. C’est l’esprit de partage de Michel. C’est la méprise de Patrick.
Quand j'en parle à mes amies, elles me disent : "On dirait que tu es amoureuse de lui."
Comment leur expliquer que ça n’a rien à voir avec l’amour. Les mots me manquent pour décrire cet homme. Mélange unique de simplicité, d'assurance, de générosité, d’honnêteté, de créativité et de sensualité. Avec lui, pas de double jeu, pas de sens caché. Ces gestes sont à prendre au sens propre, pas de figuré. Dans sa façon d’être je reconnais ma façon d’être.
Comment leur expliquer ce que je ressens lorsqu'il me fait l'amour. Sensation indescriptible qu'aucun autre ne me procure. Ma peau s'électrise de la plante de mes pieds au contour de mes lèvres. Chacun de ses mouvements, chacune de ses caresses déclenche une vague de plaisir qui en appelle une autre. Il me rappelle Olivier.
Comment leur expliquer que je trouve un équilibre dans cette relation où il n’y a pas d’engagement formel. Les moments que nous passons ensemble sont toujours particuliers. Toujours différents. Toujours délicieux. Avec lui, le mot frustration n’existe pas. Energie positive inexplicable. Ses visites me laissent dans un état de plénitude pendant plusieurs jours. Il est le seul à qui je ne dis jamais non, quelque soit mon état d’esprit. Grâce à lui mon indépendance a perdu le goût de la solitude.
Pur bonheur.
Parfois je pense qu’avec les autres tout pourrait s’arrêter, comme ça, parce que ça a assez duré. Avec lui, je n’aperçois pas la ligne d’horizon. Je veux qu’il me surprenne, encore et encore.
« Huit heures du mat, j’entends sa respiration. Je souris. Il fait jour : c’est la première fois qu’il reste au delà du lever du soleil. Je n’ose pas bouger, on ne sait jamais, il pourrait s’envoler. Du bout des doigts, je cherche le livre en bas du lit. Il en profite pour se coller à moi… » *
* Lire -1- Comment Faire l’Amour Avec Une Blanche Sans Se Fatiguer
00:20 Publié dans L'amour, les Hommes et le Chocolat. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.06.2006
Histoire D'Amours
L’an dernier, il y avait dans ma vie un homme avec qui j’ai vécu une belle histoire d’amour. Une histoire qui m’inspirait mille sentiments depuis longtemps endormis, une histoire comme on en vit rarement plusieurs fois.
Un dimanche matin, alors que j’allais prendre un bain avant sa venue, j’ai eu envie de relire "Fragments d’un discours amoureux" de Roland Barthes. Je suis allée fouiller dans ma bibliothèque sans trop de conviction, persuadée que mon ex-mari l’avait emporté avec lui. Mais non, il était bien là. En le feuilletant avant de me plonger dans mon bain, je découvre avec surprise une dédicace de sa main. Je trouve cela étrange. Ce livre on l’avait acheté ensemble et il n’était pas plus à moi qu’à lui, puisqu’il était à nous. La mémoire peut me jouer des tours parfois mais, j’étais sûre de n’avoir jamais lu ces mots.
"No es cierto que nuestra busqueda es la de alcanzar la experiencia amorosa ?
Contigo he conocido el amor y por eso te llevaré siempre en mi.
Marzo 94"
Emue par ces paroles d’amour venues d’un autre temps, je referme le livre et le pose contre ma poitrine. Et là je réalise que quelque chose ne va pas. J’ouvre à nouveau le livre et je relis la date. Mars 94… Nous étions en train de nous séparer… Il était sur le point de déménager… Je réalise soudain que ce petit mot, mon mari me l’avait laissé comme on laisse un testament. Et... que je ne l’avais découvert que onze ans plus tard, alors que je vivais une histoire aussi belle et aussi forte que celle que j’avais vécu avec lui.
Ustedes dos, les llevaré tambien siempre en mi…
Roland Barthes
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13.06.2006
-18- Un Automne A Paris
A Orly, j’allume mon portable. Il se met à tinter comme une machine à sous. "Quand est-ce que tu rentres ?", "Tu me manques !" "Appelle-moi quand t’arrives", "Très envie de toi". Ce n’est pas possible, la canicule les a fait surchauffer !
"Mes" hommes, à qui j’ai apparemment manqué, viennent tous vérifier mon bronzage. Je ne serais jamais aussi noire qu’eux. Je garde l’avantage sur Tony. Pas pour longtemps. Il part quinze jours en Tunisie avec sa petite famille.
Deux ans. Deux ans que je mène cette vie. Je ne sais pas trop quoi en penser. M’en indigner ? En être fière ? Jusqu’à quand cela va durer ? Uche m’a donné l’envie d’une relation durable. Mais depuis le temps que je vis en célibataire, j’ai du mal à imaginer ce que ça pourrait donner. Suis-je vraiment une femme libre ou n’est-ce qu’une excuse pour ne pas m’engager ? Ces idées tournent dans ma tête. Coup de blues à la chute des feuilles. Mon anniversaire en octobre. Mon horloge biologique s’affole. Je veux un bébé.
Actes manqués ou accidents, les préservatifs éclatent à tour de bras. Je me précipite chez ma gynéco : "Donnez moi la pilule ! Je ne veux pas avoir à choisir entre le raisonnable et l’irraisonnable." J’ai toujours dit que je n’aurais pas d’enfant seule. Un mari est superflu, un père est indispensable. Je rêve de trouver un homme qui aurait le même désir d’enfant, les mêmes idées sur l’éducation, qui serait prêt à assumer une paternité, qui s’entendrait bien avec moi mais avec qui je ne vivrais pas. Utopique ?
Heureusement, il me reste encore un peu de temps pour réfléchir à tout ça. En attendant, je me laisse dorloter par mes amants. Je ne leur confie jamais ce genre de pensées. Pourtant il est arrivé à plusieurs reprises qu’ils me posent la question. "Tu n’as pas envie d’avoir un enfant ?" Je sais que ce n’est pas une proposition, juste de la curiosité. Alors selon l’humeur, ou l’amant, je réponds : "Pourquoi, tu veux m’en faire un ?" ou "Tu ne crois pas qu’il y a assez de malheureux sur Terre ?" ou encore : "Je serais obligé de l’enfermer dans le placard pour recevoir mes amants". L’humour est un bon palliatif au désarrois.
En Novembre, Patrick quitte définitivement mon lit. Délinois prend de plus en plus de place dans ma vie. Je découvre qu'en fait, il est le petit frère de Kévin. Ils sont tellement différents physiquement que je n’avais pas fait le rapprochement. J’imagine un dîner de famille où je serais invitée. Dans la famille… je demande le fils, le frère et le cousin, le copain du cousin, le cousin du copain et le copain du copain. Vive les familles nombreuses !
En décembre, Uche vient fêter ses 25 ans au sommet de la Tour Eiffel. Nous passons trois jours de pur bonheur entre ballades touristiques, siestes coquines et discussions. On parle beaucoup d'amour et de sexualité. Il répète sans cesse : "Teach me". Ca me fait rire à chaque fois. C’est un élève doué. Si tout va bien, il reviendra l’été prochain. Pour d’autres leçons.
Mes amants. J’ai l’impression de les connaître mais ils arrivent encore à m’étonner. Finalement, j’aime mon ignorance en ce qui concerne les hommes. Peu importe qui ils sont vraiment et ce qu’ils viennent chercher dans mes bras. Ils sont là. Ca me suffit.
00:15 Publié dans L'amour, les Hommes et le Chocolat. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


