10.06.2006
-17- Uche
Au mois d'août, j'ai décidé de partir quinze jours aux Baléares. Seule. J'ai besoin de soleil et de repos. Patrick, Rosan et Délinois viennent me souhaiter un bon voyage chacun à leur manière. Tony m'envoie un petit texto coquin. Michel passe avec Jocelin la veille de mon départ pour me faire juste un bisou. Je trouve ce débordement d'attention très touchant. Quelque peu jouissif aussi. Mes Hommes !
Déception : Majorque est devenue une annexe de l'Allemagne. Et je suis légèrement hermétique à la culture germanique. Mais là, je trouve que ça frôle la caricature : inscriptions partout en allemand, musique techno et bière à toute heure, drapeau noir jaune rouge planté sur la plage. Heureusement que ma valise est remplie de livres et de musique. J'adopte une attitude d'hermite. Je dors beaucoup. Je fais tout à contre courant de la foule touristique. Je vais à la plage tôt le matin ou tard dans l’après-midi. Musique sur les oreilles, je ne lève pas la tête de mes lectures. A quoi bon, je ne vois rien qui pourrait aiguiser mon appétit.
Un matin pourtant, mon regard est attiré par un homme. On ne peut que le remarquer au milieu de cette fadeur teutonne : il est noir. Mais ce qui m'interpelle, c'est qu'il est le seul homme à avoir un livre dans les mains. Il lève la tête, me regarde. Je baisse le nez, comme si de rien n'était.
Le lendemain matin, alors que je me croyais seule sur la plage (ou sur la planète Mars, j'étais plongée dans un roman de SF), j'entends qu'on me parle en anglais : "What time is it please ?" Je lève la tête. Il est là à me sourire. Il s'accroupit et me montre son poignet. Je lui souris. J'avais compris garçon. J'étais juste en train de penser que les hommes manquent vraiment d'imagination pour leurs tactiques d'approche. Je lui tends à mon tour mon poignet sans dire un mot. On s'en fout de l'heure qu'il est. "Do you speak English ? German ? Are you Spanish ?..." Je lui laisse poser toutes les questions de la panoplie du parfait dragueur international. “Ho ! You're French ! I love France". Evidemment, ici c'est mon côté français qui est exotique. Lui, il est né au Nigeria mais vit en Allemagne depuis cinq ans.
Physiquement, il n’y a rien a jeter. Visage magnifique, coiffure à la Ben Harper, tablettes de chocolat, jambes musclées à souhait (le plus beau cul du monde mais sur le moment je ne pouvais pas le voir avec son short baggy). Il a vingt-quatre ans. Il est footballeur professionnel, fait aussi des études de marketing. Il regarde mon livre, va chercher le sien. On commence à parler littérature. Le courant passe très vite. J’ai l’impression de le connaître depuis toujours.
Midi, je commence à cuire. Je lui propose d'aller dans l'eau. Il ne sait pas nager. Il prend un matelas pneumatique. Je le pousse au large. Je l'éclabousse, lui tourne autour. Je passe sous le matelas : poisson clown ou raie manta ? Il tente de m'attraper mais je joue de son manque d'assurance dans l'élément liquide. Mine de rien, je pousse le matelas vers la rive. Quand il réalise qu'il a pied, il m'attrape et m'embrasse. Garçon pressé. Si je ne l'arrête pas, il est prêt à concrétiser immédiatement. "Never without condom. Let's go to my hotel"
Après le premier essai, il s'assied à mes pieds et me demande si je ne suis pas trop déçue. Il est intimidé par mon âge. Ca me fait rire. "Teach me", me dit-il. Je lui parle de mes amants. De leur manière de faire. On passe de la théorie à la pratique. Le paquet de préservatifs s’amenuise à vue d’œil. De temps en temps on abandonne nos corps à la fraîcheur de la climatisation. On écoute la B.O. de Buena Vista Social Club. Il veut aller à Cuba. Je lui raconte mon voyage. On refait l’amour au rythme du son cubain. La nuit est déjà tombée quand il part rejoindre ses amis.
Je suis sous le charme. Son intelligence, sa façon de voir le monde, ses ambitions. C’est un homme comme ça qu’il me faut. J’arrête mon cœur avant qu’il ne s’emballe : treize ans de différence, cinq cent kilomètres de distance, aventure de vacances sans lendemain. Point final.
Il frappe à ma porte vers trois heures du mat. L’ambiance des boîtes majorquines ne lui convient pas. On finit la nuit ensemble. Au petit matin, on va piquer une tête dans l’eau de mer et faire la sieste sur la plage déserte. Le soir même je rentre à Paris, lui à Frankfort.
A mon retour, je parle d’Uche à mes amis. Ils se marrent tous. "Tu es incroyable. Comment as-tu réussi à trouver un Noir aux Baléares ?" Je réponds que c’était le seul homme de la plage qui lisait. Réaction de mes amants : "Un Noir qui lit !" Réaction des copines : "Un footballeur qui lit !"
Dans les mois qui suivent, on s’appelle régulièrement. C’est agréable d’entendre sa voix, de se rappeler les bons moments passés ensemble. On correspond aussi par mails. On continue par écrit nos conversations de vacances. Il se confie à moi, me raconte ses difficultés à vivre entre deux cultures, entre la liberté que lui offre l'Europe et la pression des traditions familiales qui lui parviennent en PCV. Malgré la distance, une amitié solide se tisse.
Il envisage de venir en décembre passer quelques jours à Paris.
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07.06.2006
Je Le Regarde Dormir
Je le regarde dormir. J’écoute sa respiration, lente, légère. Celle d’un repos serein après l’amour. Ma tête est posée sur son bras. Les larmes coulent lentement de ma joue sur sa peau. Comment peut-on pleurer un homme en étant bien dans les bras d’un autre… Sur la platine CD, Marisa Monte chante : "Não suporto mais tua ausência". Cette phrase m’envahie. Je ne supporte plus ton absence, je ne supporte plus ton absence, je ne supporte plus ton absence…
Deux semaines que je rêve de toi toutes les nuits. Le réveil est insupportable. Je ne veux plus fermer les yeux, je ne veux plus rêver, je veux que tu quittes mes pensées, je veux que tu cesses d’envahir ma vie. Je veux… que tu reviennes.
Depuis ce dernier regard, ce dernier au revoir, je cherche à t’oublier. J’ai rencontré un homme, puis un second. Mais j’avais le cœur empli de toi. Et… ils n’étaient pas toi. J’ai rappelé mes anciens amants. Je pensais qu’ils me consoleraient. Voulais-je être consolée ? J’ai juste eu le courage de leur laisser espérer qu’on se reverrait.
Délinois... Il était le seul que je pouvais revoir.
Et je l’ai revu une fois. Une nuit entière passée à ses côtés. Troublée par ce corps qui ne m’était pas inconnu mais qui n’était pas le tien. Troublée par mon propre corps qui ne réagissait plus à ses caresses, qui avait soudain perdu le pouvoir d’éprouver du plaisir. Je l’ai revu une deuxième fois. La même impossibilité à me laisser aller. Il a voulu me revoir une troisième fois. J’ai trouvé mille excuses. Je ne voulais pas vivre l’évidence de ton absence à travers lui.
Deux semaines que je rêve de toi. La douleur est insupportable. J’attrape mon téléphone. Le repose aussitôt : un appel ne changerait rien à cette situation qui me dépasse. Les larmes coulent seules, parfois en silence, parfois en sanglots. Je ne comprends pas cet après-coup. Huit mois et ton image qui semblait s’être effacée réapparaît plus nette que jamais. J’aimerai pouvoir te détester. J’aimerai pouvoir te haïr… pour le mal que tu ne m’as pas fait.
Il m’a envoyé un texto : "Samedi dans l’après-midi, un câlin ma chérie ?". Les yeux bouffis de larmes je lui ai répondu oui. Il faut que j’avance. J’avais proposé de t’attendre. Tu avais douté. Tu préférais qu’on se sépare pour que je me sente libre. Cette liberté inaccessible depuis toi, je voudrais pouvoir la retrouver.
Ce matin j’ai refait les gestes oubliés. Les gestes de beauté pour un homme avec qui on va partager un moment d’intimité. Qu’allait-il se passer ?
Il est arrivé. Un petit baiser. On a discuté un moment de tout et de rien avant qu’il ne lance en souriant : "Que penses-tu d’un petit frisson ?" Je ne voulais pas d’un nouvel échec. J’ai avoué : "Je n’arrive plus à frissonner". Confiance et respect, dialogue sans sentimentalité. Je ne voulais pas de pitié. Juste recouvrer la jouissance de mon corps. "On va voir ce qu’on peut faire", m’a-t-il dit en m’entraînant doucement vers la chambre.
Petit à petit tout est revenu. Les caresses, les désirs, les plaisirs, les chuchotements et les fous rires. Les corps épuisés, son regard et mon sourire. Les petites habitudes aussi. Il s’est endormi, je le regarde. Et je pense à toi, à ta respiration, à ton visage quand tu dormais à mes côtés.
La voix de Marisa Monte laisse place à celle plus grave de Bebel Gilberto. Il ouvre les yeux surpris par cette nouvelle tonalité. Discrètement j’essuie mes larmes. Il me regarde et me sourit. Il doit partir. Il prend sa douche, se rhabille. On plaisante, on s’embrasse, à bientôt.
Je passe devant le miroir du salon. Sur mon visage, je retrouve avec surprise la beauté particulière que tu savais toi aussi lui donner. Mon regard se brouille. Tu me manques tant.
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04.06.2006
-16- Un Cousin Peut En Cacher Un Autre
Sur le post-it je lis le prénom du cousin : Délinois. Prénom exotique et unique. Je lui envoie un mail, court mais explicite : « Si tu as besoin de quoique ce soit, tu peux m’écrire à cette adresse ou m’appeler à ce numéro. Tu peux aussi venir me voir quand tu veux, puisque tu connais le chemin. »
Un coup de fil. Il passe chez moi. A peine assis sur le canapé, il se penche vers moi et m’embrasse longuement.
« Je peux prendre une douche ? » Je suis baba devant sa spontanéité. Il est à la fois direct et respectueux. J’admire. Je lui donne une serviette et pendant qu’il se passe sous l’eau, je me déshabille, m’allonge sur le lit, impatiente de connaître la suite. Je cherche la position idéale. Je décide de me coucher sur le ventre, la tête tournée à l’opposée de la salle de bain. Je ne veux pas voir, je veux sentir.
Les gestes de Délinois sont surs, précis, efficaces. Il prend possession de mon corps comme on occupe un pays conquis. Il est maître des lieux. Je m’abandonne au jeu délicieux de la soumission. Totale déraison, pures sensations.
Après l'amour, un de mes jeux préférés est d'empêcher mes amants de se dégager. J'aime qu'ils restent le plus longtemps possible en moi. Et voilà que cet homme, après avoir joui, s’écroule dans mes bras et ne se retire pas. Il est capable tour à tour de me maîtriser et de s’abandonner. Je sais que j’ai trouvé l’amant idéal. Celui qui résumera tous les autres. Qui répondra à tous mes désirs.
Au mois de juillet, Délinois vient me voir souvent. Sa compagne est partie en voyage. Il passe toujours tard le soir. On fait l’amour jusqu’à épuisement. Il fait un petit somme avant de repartir. Je le regarde dormir. Son naturel me fascine. Je n'ai jamais connu un homme comme lui.
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01.06.2006
-15- Patrick

Patrick aurait du être l’amant parfait. Mais il n’a jamais su me comprendre.
Après notre première rencontre, il me téléphone. Je le trouve sympa. Son accent me fait craquer. Sa façon de m’appeler Princesse me fait fondre. Il demande s’il peut passer me voir, je suis ravie.
Mais là, premier couac ! Il arrive avec son cousin ! Ben voyons ! Je les installe sur le canapé, me plante devant eux :
- On va mettre les choses au clair dès le départ. Si vous êtes venu dans l’intention de (me) baiser, il va y avoir un problème. Ici, c’est moi qui dicte les règles du jeu. Je n’aime pas qu’on m’impose les choses et qu’on me manque de respect.
- Mais, quand je suis venu avec Michel…
- Michel c’est Michel. Il en a eu pour son grade, t’inquiète. Ici ce n’est pas le secours populaire ni une maison close. Je choisis avec qui je m’allonge.
Le cousin est très mal à l’aise. Il lance à Patrick :
- Tu m’as dit qu’elle était d’accord alors que tu ne lui avais même pas demandé son avis ? Non mais, ça ne se fait pas ça.
Il me regarde :
- Je vais partir. Je suis vraiment désolé.
- Ce n’est pas à toi de t’excuser.
- Désolé, dit Patrick, je pensais…
- Tu pensais mal.
Devant la compréhension du cousin, ma colère s’apaise. Comme j’ai quelques notions d’hospitalité, je lui propose un café avant qu'il ne parte.
Patrick est enfoncé dans le canapé. Il n’ouvre pas la bouche. Je discute avec le cousin. On commence à parler informatique. Il veut voir mon PC, on va dans ma chambre. Patrick ne bouge pas. Je détaille le cousin. Il a un sourire à faire damné une bonne sœur. Il n’est pas très grand mais sa carrure est un appel au crime. Il se dégage de tout son être la tranquillité du fauve au repos. Dans la pénombre de la chambre, il serait facile de l’embrasser. Mais non, je ne reviendrai pas sur ma décision. Il propose de communiquer par e-mail. J’opine. Il écrit son adresse sur un post-it. On repasse au salon. Il me fait la bise, salue son cousin qui réagit à peine et nous laisse.
Je me glisse dans les bras de Patrick. Je n’ai pas envie de discuter de ce qui s’est passé. Tout en l’embrassant, je dégrafe son pantalon. Il passe ses main sous mon tee-shirt. Les vêtements tombent un à un sur le sol. Les mains se promènent longuement, entre douceur et empressement. Il est tel que je l’avais pressenti la première fois. Sa sensualité fait écho à la mienne, nos corps fusionnent. Le monde n’existe plus. Nos gestes sont lents comme pour capter l’essence du plaisir qui nous envahit. Il me regarde jouir avant de jouir à son tour. Nos corps s’immobilisent. Peu à peu les bruits de l’extérieur reprennent leur place.
C’est le début de l’été. La fenêtre est grande ouverte. Il se rend compte qu’on est à la vue de mes voisins. En riant, je le prends par la main et l’emmène jusqu’au lit. Dans la chambre, les volets sont fermés. Frontière entre l’effervescence du monde et la langueur des corps enlacés. J’aime faire l’amour l’après-midi.
La tête posée sur son torse, je l’écoute me raconter sa vie. Quand il me dit qu’il est haïtien, je lance : "Comme Kevin !" Il se redresse : "Tu connais Kevin ?" Il se trouve que Kevin est aussi un de ses cousins. Je lui raconte les circonstances de notre rencontre. Il fronce les sourcils : "Mais alors, pourquoi t’as dit non tout à l’heure ?" Est-ce si compliqué à comprendre ? La frontière entre femme libre et femme facile est si mince dans la tête de certains hommes. "J’ai dit non, parce qu’il n’y a que moi pour décider de ce que je fais de mon corps." Il ne dit rien.
Il doit partir. Il prend son travail dans une heure. Il se lève. Il me regarde. "Je ne peux pas partir comme ça." Son sexe se durcit. Il revient sur le lit. Il me fait l’amour, avec une certaine brusquerie. Possession animale des gestes : "Tu es à moi".
J’aurais pu être à lui. Dans son regard, je me sentais une femme désirablement belle. Dans ses paroles, j’étais sa reine. Je sentais mon cœur flancher mais il y avait toujours un mot blessant au bout d’une phrase câline. Il ne pouvait soutenir la teneur de ses sentiments pour moi. Il me laissait des messages passionnés sur mon répondeur. Quand je le rappelais, il usait d’une certaine froideur qui dédisait ses paroles. Il remettait mes autres amants sur le tapis dans toutes nos conversations sans jamais proposer un changement qui lui aurait donné l’exclusivité. Quelques mois plus tard, il me fait une scène : "Je suis ton homme, tu dois faire ce que je te dis !" Je l’ai regardé calmement en secouant la tête : "Tu n’as vraiment rien compris. C’est dommage. Mais ici, c’est chez moi, c’est mon lit, c’est mon cul et personne ne me donne d’ordres. Alors, adieu Patrick."
Pendant quelques semaines, je n’ai plus eu de nouvelles. Puis il a recommencé à m’appeler. Je voyais son numéro s'afficher, je ne décrochais pas. Il a insisté un moment, me laissant des messages désespérés. Je pensais qu’il allait comprendre. Une nuit, il m’a appelé toutes les heures, alternant entre mon fixe et mon portable. Vers cinq heure du matin, n’en pouvant plus, je lui ai envoyé un texto: "Lâche l’affaire, je ne veux plus te voir."
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29.05.2006
-14- Les Amis De Mes Amants Sont Mes Amants
Kundera dit que dans un couple, ce qui se passe la première nuit, se répète tout au long de la relation. Cette image s’applique à Michel. Et à son esprit communiste.
Un mois après notre rencontre, Michel me dit que Kévin n’ose pas m’appeler mais qu’il aimerait se rattraper. Non, merci. La panne n’y est pour rien. Physiquement, il ne me plait pas. La première fois aurait été la seule de toute façon. "Je vois, me dit-il, tu fais ton marché." Ben oui, je choisis. Je ne suis ni une désespérée, ni la Sœur Térésa du cul. Michel rigole de mon expression. De temps en temps, il remet ça sur le tapis : "T’es sûre ?" Oui je suis sûre. Et en plus, je suis une tête de mule, plus on insiste plus je recule.
Un soir où il est passé me voir, il appelle un de ses cousins pour qu'il vienne le chercher. Il me demande s'il peut le faire monter le temps qu'il se rhabille. Je reste au lit pendant qu'il va lui ouvrir. Jocelin est immense, visage d'ange sur un corps athlétique. Michel se ballade à poil dans la chambre. Jocelin ne sait pas où se poser. Sa timidité me plait. Je tapote le coin du lit pour lui indiquer qu'il peut s'asseoir. On commence à discuter. Michel va prendre sa douche. Je me rapproche du cousin. Envie irrésistible de l’embrasser. Quelle douceur ! La couette glisse. Sa main caresse mes seins. Il s'allonge à côté de moi, tout habillé. On s'embrasse, encore et encore, comme deux enfants qui découvrent un plaisir inconnu. Sa main explore mon corps, glisse entre mes cuisses avec une délicatesse rare chez un garçon. Je ferme les yeux. Lente montée du plaisir qui vient mourir dans un soupir.
Michel nous sort de notre bulle. "Ca va tout les deux ?" Jocelin se relève tranquillement, ne me quitte pas du regard. Michel commence à s'habiller tout en nous parlant, comme si de rien n'était.
Jocelin vient souvent chercher Michel. On s'aime bien. Mais on n'a jamais cherché à aller plus loin.
Un dimanche matin, Michel m'appelle. Il sera chez moi vers quinze heures. Quand j'ouvre la porte, surprise ! Il a "oublié" de me dire qu'il ne serait pas seul. Il me présente Patrick. Je leur propose à boire. Je prétends avoir encore deux ou trois choses à faire. Je vais dans la salle de bain. Je plie mon linge propre pour essayer de me calmer. Au bout d'un moment, Michel vient me voir. Je lui saute sur le poil.
- Comment peux-tu me faire ça ?
- Allez, ce n'est pas la première fois que tu couches avec deux mecs.
- Peut être, mais je n'aime pas qu'on m'impose les choses. T’aurais pu me demander mon avis.
- Ce n'est pas grave.
- Non, ce n'est pas grave. Quand vous aurez bu vos verres, vous partirez et tu reviendras un autre jour.
- S'il te plait, j'ai trop envie de toi. Ca fait longtemps. Tu sais que je bosses comme un fou, je ne sais pas quand je vais pouvoir revenir.
- Je m'en fous.
Il me prend dans ses bras. Je me raidis, insensible à ses baisers, décidée à ne pas céder.
- Caresses de chien donnent des puces.
- Tsss. Je ne me sentais pas très en forme. Je ne voulais pas te décevoir, alors j'ai amené Patrick en renfort. Tu connais mon côté communiste.
J'étouffe un rire. Il est trop. Je l'embrasse.
- J’aurais préféré être seule avec toi.
On rejoint son invité. On discute un peu, histoire de faire connaissance. Les mains se font caressantes. La délicatesse de Patrick me rassure.
Michel n'est vraiment pas en forme. Pas de problème côté sexe. Ca fonctionne quoiqu'il arrive. Il se retire pour aller faire un tête à tête avec la cuvette des toilettes. Je continue avec Patrick. Son style me plait. On parle le même langage. Je sens qu'on peut aller loin. Mais la situation ne le permet pas. Michel revient. Ignorant ce qu’il se passe dans le lit, il s’allonge, m'enlace et pose sa tête sur mon sein, comme le grand gamin qu’il est. Patrick lui dit : "Ce n’est pas parce que tu n’as plus faim, que tu dois priver les autres." Déconcentration garantie. Essayez de faire l’amour avec le fou rire ! Le garçon est forcément délogé du nid douillet où il tente désespérément de se maintenir. Michel et Patrick commencent à s’envoyer de fausses insultes. Je suis aux anges.
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