19.05.2008

Dans La Lumière Rouge

Elle était là, debout, immobile dans la lumière rouge du fleuriste de la Place Pereire. Il devait être une heure du matin et je rentrais chez moi. Quand j’ai tourné au coin de la rue, sa présence m’a surprise. Je me suis arrêtée fascinée par sa prestance, son allure. Elle était juste assez vêtue pour masquer seulement l’essentiel. Elle portait une perruque blonde coupée au carré qui prenait des reflets roses sous les spots de la vitrine. Elle m’a fait penser à Pris, l’androïde de Blade Runner, conçue pour donner du plaisir. Et comme Pris, elle était là pour offrir ses services aux passants perdus dans la nuit.

Sous la résille de son tee-shirt, j’apercevais ses seins ronds, fermes, parfaits. J’avais envie de tendre la main pour les toucher. J’étais troublée par ce désir soudain. Mes mains se sont enfoncées dans les poches de mon manteau.

J’ai esquissé un léger mouvement de tête comme pour lui dire bonsoir. Elle n’a pas cillé, n’a pas bougé un muscle, aussi statique qu’un mannequin de plastique. Cela la rendait encore plus irréelle. J’ai baissé les yeux et repris mon chemin avec la sensation étrange d’avoir rêvé cet instant.

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02.02.2008

Une Valse A Mille Temps

426ac7f7feddbc98169af86b8141befc.jpg« … Et je me prends en flagrant délit de gamineries en évoquant l'idée de reprendre notre relation une fois que j'aurais résolu mes problèmes ou en me disant que la situation serait plus facile si tu voulais être mon amie. Tout cela pour mettre en exergue les pensées confuses d'un message que je ne sais pas finir à l'instar de notre relation. Voudras-tu me pardonner de telles pensées et la tristesse que mon message pourrait t'inspirer ?
Oublies moi... »


C'était il y a deux ans et demi. Je t’avais répondu :

« Etrange pressentiment…
Dernière nuit annonciatrice, et puis le silence.
Des bribes de conversations, des mots, des idées, …comme un rêve prémonitoire,
Une situation étouffante, angoissante dont je n’avais qu’une clé : partir malgré la douleur
Partir pour te laisser libre comme à mi-mots tu l’avais formulé,
Et retrouver moi-même une liberté perdue à cause d’une histoire qui n’était pas la mienne.

Est ce une parenthèse ou un point final…
Une pause le temps d’une saison,
Le temps de se retrouver ou de se perdre à jamais
Je ne pourrais jamais effacer ce que l’on a écrit ensemble
Si un jour tu peux m’oublier, alors je t’oublierai »

Je me souviens de cette dernière nuit où je t'ai vu assis au bord du lit et de ce que j'ai ressenti à ce moment là. Depuis cet évènement malheureux qui a tout déclenché, pour moi tu étais en partance. Pas que tu veuilles me quitter mais tu n'étais plus là quand tu étais avec moi. Et ce même week-end, tu n'avais apporté aucun bagage, comme si tu allais devoir partir à tout moment.

Le fait que tu sois dans cet état là m'angoissait. Je me retrouvais dans une position d'attente, de demande qui ne pouvait que te peser plus. Ce qui se passait chez toi n'était pas mon histoire. Cette situation me dépassait. Je ne pouvais rien faire qui puisse changer les choses sauf te laisser ta liberté. Au risque d’en ressentir la douleur. Mais la douleur est plus saine que la souffrance.

Ton mail, arrivé quelques jours après, ne m’avait pas surprise. Il me semblait logique. Dans les jours qui ont suivi on a entamé une sorte de dialogue entre au revoir et adieu. On a convenu d’un rendez-vous. Triste souvenir où gonflée d’espoir je pensais que tu changerais d’avis. Ce soir là dans ta voiture je t’ai vu pleurer mais tu semblais aussi résigné qu’un enfant capricieux. Tu ne m’avais pas tout dit. J’ai compris deux mois plus tard ce que tu me cachais. Un secret lourd à porter. Un secret qui faisait s’envoler toute possibilité de relation pour un long moment encore.

Dans les mois qui ont suivi, j’ai essayé de t’oublier mais tu réapparaissais de temps en temps toujours avec cette idée d’une possible amitié. Mais pour moi, si l’amour n’était pas possible, rien n’était possible. Ta résignation me ravageait et à nouveaux les ponts étaient coupés. Je ne vais pas nier avoir provoqué une fois ou deux un contact. Tu me manquais tellement… J’espérais te manquer tout autant.

Lorsqu’un jour tu m’as demandé si on pouvait se revoir, je t’ai écrit :


« Certaines choses changent et d'autres restent immuables.

Depuis mon dernier mail, j'ai appris à vivre sans toi, j'ai même retrouvé une certaine sérénité. L'avenir me semblait possible.
... car le temps efface les blessures dit-on.

Pourtant tu restes présent dans ma vie, de ma première pensée du matin au moment où j'arrive enfin à fermer les yeux. Tu hantes parfois jusqu'à mes rêves. Tout me relie à toi : un parfum, une image, une parole, un film, un livre, une musique, un endroit, un moment, une luminosité... Il ne passe pas un jour sans que je me souvienne de ce qu'était le bonheur à tes côtés. Je me suis juste convaincue que ce bonheur là, si unique, si précieux ne pouvait plus être qu'un souvenir. Tu réapparais dans ma vie et tout vole en éclat. Le doute et l'espoir se font front. Les larmes que je croyais taries recommencent à couler.

Ma vie après toi a changé, et pourtant rien n'a changé : l'amour que je te porte, ce que je veux, ce que j'attends... Si tu n'avais pas été celui-là, si notre histoire n'avait pas été celle qu'elle fut, je ne serais sûrement pas là à t'écrire. Mais je ne peux ignorer que l'amour est un sentiment qui se partage.

Alors, est-ce que je veux te revoir ?

Tu poses la question, tu es le seul à avoir les réponses... Si dans les méandres de tes doutes sentimentaux tu arrives à trouver pourquoi tu ne peux vivre sans moi, si tu arrives à me faire une place dans ta vie, si tu assumes l'affection que tu as pour moi à la face du monde, alors je veux te revoir.

Comme je te l'ai déjà écrit : S'il n'y a pas de futur, restons-en au passé. Mais si tu vois un futur, à toi de réinventer le présent... »

Je t’ai expliqué tout celà encore et encore, à chacun de nos nouveaux échanges. Mais tu m’as répété ne pas vouloir m’effacer de ta vie.

Un soir tu m'as dit :
« Je t'imagine forte et j'oublie que je retourne le couteau dans une plaie ».

Qu’est-ce que la force en amour ? Aimer l’autre et pouvoir le laisser partir ou le retenir sans pouvoir l’aimer ?


27.01.2008

Amours Perdues Et Eperdues

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Les amours perdues le sont-elles vraiment ? Les amours perdues le sont-elles pour toujours ?

Fantasmes de retrouvailles, souvenirs de bonheur, désirs de reconquête, rêves d'éternité...

Lorsque on perd un amour, on espère toujours et puis... le temps passe, efface la douleur et les larmes, et on aime à nouveau.

Mais a-t-on vraiment perdu le premier amour, et le deuxième, et ceux qui sont venus après ? Ne sont-ils pas toujours là, présents, comme une ombre, une trace, sur les amours suivants ?

J’ai aimé, j’aime et j’aimerai.
Encore et encore...

Si l’amour nous perd parfois, il n’est jamais perdu.

04.01.2008

De La Pornographie

a90a79da8f37c3ba81bb932b02e93e27.jpg"Nos fantaisies sexuelles parlent de nous, à la façon détournée des rêves. Elles ne disent rien sur ce que nous désirons voir arriver de facto.
Il est évident que beaucoup d'hommes hétérosexuels bandent à l'idée de se faire mettre par d'autres hommes, ou de se faire humilier, sodomiser par une femme, de la même façon qu'il est évident que beaucoup de femmes mouillent à l'idée de se faire violenter, gang banger ou baiser par d'autres filles. On peut également être gêné face au porno justement parce qu'il révèle qu'on est inexcitable alors qu'on se rêve en chaudasse insatiable. Ce qui nous excite, ou pas, provient de zones incontrôlées, obscures ; et rarement en accord avec ce qu'on désire être consciemment. C'est tout l'intérêt de ce cinéma de genre, si on aime lâcher prise et perdre connaissance, et c'est tout le danger de ce même cinéma, si justement on a peur de ne pas tout contrôler.

On demande trop souvent au porno d'être l'image du réel. Comme si ce n'était plus du cinéma. On reproche par exemple aux actrices de simuler le plaisir. Elles sont là pour ça, elles sont payées pour ça, elles ont appris à le faire. On ne demande pas à Britney Spears d'avoir envie de danser chaque soir qu'elle se produit sur scène. Elle est venue pour ça, on a payé pour voir, chacun fait son boulot et personne ne râle en sortant "je crois qu'elle fait semblant". Le porno devrait dire la vérité. Ce qu'on ne demande jamais au cinéma, technique de l'illusion par essence.
On demande précisément au X ce qu'on craint de lui : dire la vérité sur nos désirs. Je n'en sais rien, moi, du pourquoi c'est à ce point excitant de voir d'autres gens baiser en se disant des saloperies. Le fait est que ça marche. Mécanique. Le porno révèle crûment cet autre aspect de nous : le désir sexuel est une mécanique, guère compliquée à mettre en branle. Pourtant ma libido est complexe, ce qu'elle dit de moi ne me fait pas forcément plaisir, ne cadre pas toujours avec ce que j'aimerais être. Mais je peux préférer le savoir, plutôt que tourner la tête et dire le contraire de ce que je sais de moi, pour préserver une image sociale rassurante."


Extrait de King Kong Théorie
Virginie Despentes

Editions Grasset - 2006

02.01.2008

Premier Baiser

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- Je te trouve très attirante.
Je lui souris
- J'ai très envie de t'embrasser.
- Surtout ne te gène pas.

Qu'il était doux ce premier baiser de l'année...