07.03.2007
La Foire De Paris
Il travaillait sur un stand de la Foire de Paris. Il voulait que je vienne le distraire pendant sa pause. Je le mis au défi de trouver un endroit tranquille sans quoi je n’irais pas le voir. « Et je n'aurais pas de culotte. » lui avais-je dit pour le motiver.
Au bout de deux jours il m’envoya un texto : « cette aprem vers 16h devant le hall X »
Il fume tranquillement sa cigarette, assis sur un plot à l’entrée du hall. Quand il m’aperçoit, il écrase son mégot du bout du pied et me fait un clin d’œil. Je m’approche de lui et colle mon ventre contre son visage. Il enroule ses bras autour de mes hanches puis laisse glisser ses mains sur le tissu de ma jupe. Je sais qu’il vérifie si j’ai tenu parole. Amusée, je scrute la réaction sur son visage. Son regard s’illumine. Il se lève, m’embrasse furtivement et me fait rentrer à l’intérieur du hall.
Il jette un coup d’œil rapide à l’entour, ouvre une porte sur laquelle un écriteau indique « Interdit au Public ». Nous nous faufilons de l’autre côté, dans une cage d’escalier déserte, un no man’s land en travaux où nous devons enjamber sacs de gravas et pots de peinture. Au premier étage, nous arrivons dans des toilettes n’ayant apparemment jamais servi.
Nous nous embrassons longuement, passant de la joie d’être arrivés là sans être vus à l’intensité du désir montant. Il me plaque contre un mur puis recule de quelques pas. « Laisse-moi apprécier la vue » me dit-il en s’adossant au mur d’en face. Je m’accroupis en me laissant glisser le long de la paroi carrelée. Je passe lentement mes doigts sur ma langue avant de les immiscer délicatement au plus chaud de mon corps. Il regarde les mouvements de ma main avec délectation puis se rapproche de moi avec un sourire qui en dit long. Quand il est à portée, je défais sa ceinture et dégrafe son pantalon. Son sexe tendu s’offre à moi, à ma bouche, à mon envie de le sucer longuement.
Juste avant de s’abandonner totalement, il m’arrête et m’attrape sous les épaules pour m’aider à me relever. Il soulève une de mes jambes et commence à jouer de son gland sur mes lèvres. Il s’attarde de temps en temps à l’entrée de mon vagin me laissant à chaque fois pantelante de désir.
« Pas comme ça » dit-il en reposant ma jambe. Il me retourne et me fait prendre appui sur un lavabo, les jambes écartées. Tout en remontant ma jupe, il m’appuie doucement sur le dos pour que je me cambre. Il se penche sur moi pour ouvrir mon chemisier et libérer ma poitrine qu’il regarde d’un air canaille dans le miroir. Il passe ses mains sur mes fesses, les écarte, explore mon con frémissant avant d’y replacer sa tige et recommencer sa caresse. Je sens son gland s’humidifier sous le ruissellement de mon désir. D’un mouvement du bassin je lui offre mon chemin de traverse. Dans le miroir, nos regards se croisent. Il me pénètre doucement se laissant couler jusqu’au plus profond. Je ferme les yeux de plaisir. Un premier séisme traverse mon corps lorsqu’il recule tout aussi lentement pour entamer son va et vient voluptueux. A chaque fois qu’il heurte mes fesses, que ses bourses frôlent mon sexe devenu brûlant, je laisse échapper un soupir de plaisir. Il passe sa main dans mes cheveux et me tire la tête en arrière. Il accélère le rythme et mes soupirs se font cris. « Chut » me dit-il en lâchant mes cheveux. Il me bâillonne de sa main. Parfum de luxure qui affole mes sens. Je lui lèche avidement les doigts. Il rentre son index dans ma bouche lui donnant le même mouvement que son bassin. Ma respiration se fait plus forte. Brusquement je sens mon bas-ventre exploser. L’onde du plaisir parcourt mon dos tout entier. La sensation est si forte que je lui mords le doigt. Je l’entends qui lâche une insulte tout à mon honneur en s’enfonçant pour un dernier coup libérateur. J'ouvre les yeux. Dans la glace, nos reflets qui s'observent éclatent d'un rire complice avant de se séparer et se préparer à rejoindre le monde extérieur.
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03.03.2007
Tu Me Manques
Tu m'as dit :
"Je refuse de ressentir le manque"
Ne pas manquer est une illusion.
On ne peut être total.
Sans le manque on a tout, on a tout dit et tout vécu.
Sans le manque on n'a plus de raison d'avancer.
Sans le manque, la vie est un désert.
Sans le manque on est mort.
Refuser le manque c'est rester immobile pour ne pas se risquer.
C'est ne plus s'offrir la possibilité d'aimer, ou de créer, ou de vivre.
En amour, comme ailleurs, il faut savoir accepter les echecs et les blessures.
Il faut savoir accepter de tomber pour mieux se relever.
Un jour tu m'as demandé : comment savoir qu'on aime ?
On sait qu'on aime quand l'autre vous manque.
Comme la fumée est signe de feu, le manque est signe d'amour .
Manquer c'est souvent douloureux.
Mais ce peut-être beau aussi.
J'aimais quand tu me manquais.
Parce que tu revenais vite me serrer contre toi.
J'aimais quand tu me manquais.
Parce que je te manquais aussi.
...et un an après avoir écrit ces mots,
tu me manques toujours autant.
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19.02.2007
Les Yeux Bandés...
« Je veux que tu viennes chez moi et que tu réveilles mon colocataire. »
Il pensait que j’allais me dégonfler. J’aime les forts en gueule parce que ils sont faciles à désarçonner. J’ai enfilé mon vieux jeans et mon bustier en cuir à même la peau et j’ai remonté l’avenue jusqu’à chez lui.
J’ai sonné à la porte. Il m’a ouvert en plaisantant : « Non Mademoiselle, nous n’avons pas besoin d’aspirateur ». Puis il m’a enlacé tendrement. Ca faisait deux mois qu’on ne s’était pas vu. On s’était d’ailleurs quittés sur une engueulade qui aurait du faire office de fin de non « se revoir ».
Il m’a proposé un thé. Pendant qu’il faisait bouillir l’eau, je suis allée dans sa chambre et me suis allongée sur son lit. Quand il est revenu de la cuisine, il avait son sourire de gamin qui m’avait fait craquer la première fois. Il a fait semblant de m’engueuler : « Tu aurais pu enlever tes chaussures, tu vas dégueulasser mes draps ! Et arrête de me regarder comme ça, tu me fais bander ! » Gros éclats de rire. D’un geste rapide il m’a ceinturée et a fait tomber mes sandales en bas du lit. J’ai fait semblant de me débattre mais en moins de temps qu’il ne le faut pour le dire, il a défait les boutons de mon pantalon et l’a fait glisser le long de mes jambes. Il a continué à m’insulter en riant. « Ma p’tite salope, arrête ce jeu là avec moi. De toute façon, je n’ai pas envie de toi ! » Ne ment pas Pinocchio, ton nez s’allonge.
Notre étreinte n’eut rien d’un conte pour enfant. Où alors, la Belle et la Bête version Marquis de Carabas. Quand nous nous sommes écroulés épuisés sur le lit, la sueur coulait sous mon bustier. J’allais l’enlever pour offrir à mon corps un peu de fraîcheur quand il a retenu mon geste en riant : « Tu oublies que tu n’es pas venue ici pour t’amuser Princesse. Tu as une mission. »
Il a attrapé le foulard qu’il avait préparé, m’a bandé les yeux et m’a entraîné avec lui dans la chambre de son ami. Il m’a fait m’agenouiller au bord du lit. « Hey mec, réveille-toi ! J’ai une surprise pour toi. »
Je ne connaissais pas le colocataire. J’avais juste vu sa tête sur internet. Je savais qu’il était colombien, agent de sécurité et qu’il écoutait de la salsa jour et nuit (au grand dam de mon amant). Et dans le noir, je vérifiais ce détail tout en découvrant qu’il dormait à même le sol sur un matelas pneumatique.
Après avoir trouvé mon équilibre, mes mains ont soulevé les draps, touché son ventre lisse et sont descendu lentement vers le bas. Je l’ai entendu s’exclamer joyeusement : « Hmmm, bonjour mademoiselle ! ».
Tout en me caressant le postérieur, notre ami commun lui a lancé : « Tu peux lui parler en espagnol, je suis sûr que ça va l’exciter. » Malheureusement, il m’en aurait fallu un peu plus pour m’exciter. Ce que mes mains venaient de découvrir était un sexe qui ressemblait à un appéricube comparé à l’idée que je me faisais du festin. J’ai quand même mis ce petit bout de chair dans ma bouche espérant un miracle. Ma langue l’a enrobé, caressé, encouragé, mais malgré mes efforts il ne sut prendre des proportions qui auraient pu me paraître raisonnables.
Sur mes fesses, je sentais la caresse du sexe puissant de celui qui avait organisé cette rencontre. Je le maudissais en silence, la politesse m’imposant de ne pas parler la bouche (presque) pleine. Lorsqu’il a voulu me pénétrer, le matelas s’est dérobé sous mes genoux et je me suis sentie partir en avant. J’ai lâché le mini sexe que j’aurais pu croquer dans un mauvais réflexe et me suis rattrapée de justesse avant de tomber. Je me suis redressée en rigolant et j’ai retiré mon bandeau. « Les gars, on change de lit ! » En me relevant, j’ai lancé un regard noir à mon amant qui a roulé des yeux d’un air désolé.
Arrivée dans l’autre chambre, j’ai décidé de prendre mon temps. J’étais venue ici pour me soumettre mais la situation me donnait des envies de domination. J’ai attrapé la tasse de thé qui avait eu largement le temps de refroidir. Je me suis assise dans le fauteuil, une jambe par-dessus l’accoudoir offrant mon intimité aux regards gourmands des deux comparses allongés sur le lit. J’ai trempé mes doigts dans le breuvage et je les ai glissé dans ma fente moite. Fraîche sensation qui me fit frissonner. Sous mon bustier, je sentais la pointe de mes seins se durcir.
« Touchez-vous ! » ai-je lancé d’une voix calme. Je savais que mon fort-en-gueule n’allait pas supporter cette situation. Il n’était pas du genre à se laisser donner des ordres. Et même si l’idée de partager une femme avec son ami l’émoustillait, celle de se retrouver nu seul avec lui dans un lit devait lui déplaire. Du tac au tac, il me dit : « Non, non, non, ma p’tite salope, toi tu vas sur le lit pour t’occuper de lui et moi je prends le fauteuil ».
Il s’est levé, m’a pris la tasse des mains et ma tiré hors du fauteuil. Tout en me mordant le cou, il a fermement serré sa main sur une de mes fesses. Puis d’une tape m’a encouragé à rejoindre son ami sur le lit. Petit chiot excité couché sur le dos, ce dernier me faisait pitié. J’ai commencé à lui parler en espagnol : « Te gusta el té cariño ? »* J’ai posé doucement mon sexe humide sur sa bouche attendant de sa langue une efficacité dont je pensais son onzième doigt incapable. Espérance vaine… peut-être parce que le jeu ne m’amusait plus. Décidée à en finir rapidement je me suis posée plus bas et ai demandé un préservatif. En l’enfilant sur ce petit membre ridiculement dressé, je n’ai pu m’empêcher de rire intérieurement en pensant qu’il risquait de « se déchausser » en pleine action. Un peu plus tard, j’ai eu grand peine à ne pas laisser éclater ce rire intérieur quand en espagnol il m’a demandé si je le sentais bien !
Comme pour me sauver de la situation, mon téléphone s’est mis à sonner. Sans même m’excuser, je me suis dégagée laissant le coloc en plan. Mais mon portable s'est tu avant que je n'accède à mon sac resté en bas du lit. Alors que penchée en avant j’écoutais le message qu’on m’avait laissé, il est venu se placer derrière moi et a entrepris de me limer énergiquement. Mais ses mouvements saccadés me laissaient insensible. Je le sentais s’énerver, s’acharner à vouloir me faire jouir ou bien à jouir lui-même. Mon regard a croisé celui de mon amant qui observait la scène amusé. J’ai fait une grimace. Il s’est aussitôt levé en disant : « Ca suffit ! Laisse la tranquille. » Il m’a serré contre lui tout en repoussant brutalement son ami. « Je l’aime bien cette fille. Elle mérite mieux que ça ». L’autre a maugréé quelques mots comme quoi il en voulait plus, mais son heure était désormais passée.
Blottie dans les bras rassurants de mon protecteur, mon regard plongé dans le sien, j’ai entendu au loin la porte de la chambre qui claquait avant de m’abandonner à ses baisers.
* « Tu aimes le thé chéri ? »
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15.02.2007
Rêve De Pierre

Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Eternel et muet ainsi que la matière.
Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris;
J'unis un cœur de neige à la blancheur des cygnes;
Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.
Les poètes, devant mes grandes attitudes,
Que j'ai l'air d'emprunter aux plus fiers monuments,
Consumeront leurs jours en d'austères études;
Car j'ai, pour fasciner ces dociles amants,
De purs miroirs qui font toutes choses plus belles :
Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !
Charles Baudelaire - Les Fleurs du Mal
23:22 Publié dans Ailleurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
31.01.2007
-31- Début De La Quête
Je parle à Délinois de ma décision de trouver "l’Amour". Il devient mon complice, mon confident. Ensemble, on visite plusieurs tchats. On s’amuse à draguer. Je lui souffle les répliques que je sais attendues par les femmes, il me souffle celles attendues par les hommes. Quand le jeu devient sérieux pour l’un de nous deux, par respect, on laisse en suspens la conversation qui se poursuivra plus tard, sans l’autre.
Avoir avec Fabrice un rendez-vous relève du défi. Nous n’arrivons pas à faire concorder nos emplois du temps. Nous continuons notre dialogue sur MSN. Les mots sont rarement coquins même si la perspective de nous voir un jour reste claire sur ce plan là. Les conversations sont calmes, variées, amicales. Ce mélange libertin et intello qu’il le caractérse me plait beaucoup. Sa tranquillité face à nos rendez-vous manqués aussi. J’y retrouve ma façon de voir : les choses se font si elles doivent se faire, au moment où elles doivent se faire. Il ne faut rien précipiter.
Je continue ma prospection sur Caramail. Je fais la connaissance de celui que j’appellerai plus tard le petit Stéphane. Un gentil garçon de 24 ans que je prends sous mon aile le temps d’une nuit ou deux. Je ne sais pas pourquoi j’ai accepté de le voir. Il ne m’offrira jamais ce que j’attends d’un homme. Peu de temps après il rencontre une fille de son âge. Cela me soulage. Même sans affection particulière, il est toujours difficile de dire : on ne se reverra plus.
Entre temps, je discute avec J-P. Il joue les cadors. Pour l’impressionner, lors de notre premier rendez-vous, je lui relate mes aventures passées. Il semble perturbé par ce que je lui raconte. Il me raccompagne devant ma porte. Ma sœur est venue passer quelques jours, impossible de monter. On reste un moment à s’embrasser dans sa voiture. Les mains se promènent. Impression agréable de revivre certains passages de mon adolescence. Après maintes tergiversations et provocations sur le net, on se retrouve un soir chez moi, pour un deuxième rendez-vous. Ses gestes sont pleins de douceur. Rien à voir avec le côté cru des paroles derrière lesquelles il se cache. Après m’avoir fait l’amour, il me fait couler un bain, me lave et me sèche délicatement. Erotisme sage. Il m’installe dans le lit tendrement, m’embrasse et s’en va. On ne s’est jamais revu, mais une relation affectueuse est née au fil des conversations téléphoniques ou sur MSN.
Ces trois dernières années d’aventures libertines m’ont marquées. Je n’arrive pas à me détacher d’une certaine façon de faire. Il faut que j’arrive à me débarrasser de mes anciennes habitudes. Ne plus mettre en avant mon passé. Même si je suis pour l’honnêteté, il devient évident qu’occulter une certaine partie de ma vie est nécessaire si je veux créer des liens d’une autre nature. Je ne veux pas non plus renoncer absolument à ce côté libertin si l’occasion se présente. Le chemin risque d’être long. Chercher l’amour ne veut pas dire vivre en recluse. Je vais devoir apprendre à composer sans perdre de vue mon but.
Je sens bien que ce n’est pas sur Caramail que je trouverai l’âme sœur. Changement de tactique : trouver un site spécialisé. Un gars me parle de Rencontres 2000. Je remplie la fiche d’inscription mais au premier coup d’œil je vois que ce n’est pas ce que je cherche. Le site est sponsorisé par de nombreux sites pornos. Nanas à poil dans tous les coins, photos sado-maso à peine masquées. Les messages que je reçois n’ont rien de sentimental. Je me désabonne rapidement.
J’entends à la radio un type qui parle du succès de son site de rencontres. Son discours a l’air de tenir la route. Je décide d’y faire un tour.
23:05 Publié dans L'amour, les Hommes et le Chocolat. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


