24.01.2007
Infidélités
C’était il y a plus de sept ans. L’histoire avec Olivier m’avait déboussolée, ravagée. Je n’arrivais pas à me détacher de ces vibrations sensuelles et passionnelles qu’il avait été le seul à me faire ressentir. Il fallait pourtant sortir de ce marasme, continuer à vivre, à construire un après et un ailleurs. Je me souviens avoir déclaré à mes amies le jour de mon anniversaire : « Dans les quinze jours qui viennent, il faut que je trouve un autre homme ». Détermination furieuse.
Dès le lendemain, je devais prendre le bus à un arrêt situé face à un garage. Un mécano me sourit, je lui souris, le bus arrive et m’emporte. Le lendemain, même échange de sourires, même bus qui passe. Le troisième jour, je n’avais rien à faire à cet endroit. J’ai fait un grand détour pour pouvoir attendre à cet arrêt le bus ou autre chose. Il était seul à l’entrée du garage, et moi j’étais seule en face de lui. Il m’a sourit, m’a fait signe de le rejoindre. J’ai traversé la rue. On a papoté un court instant, il m’a demandé de l’attendre pour aller boire un pot. Ce que nous avons fait. Puis il m’a ramené chez moi.
Une nuit, deux nuits, un mois. Il ne voulait plus rentrer chez lui. Heureux comme un coq en pâte. Il ne demandait pas grand-chose. Une petite femme qui lui fasse à manger, accessoirement l’amour, et qui le laisse aller voir ses copains le dimanche. Je n’étais bien sûr pas la femme qu’il espérait. Mais parce qu’il me faisait du bien, j’ai joué le jeu.
Et puis il est parti en vacances. Il m’appelait tous les jours de son île natale. Moi j’appréhendais son retour. Au téléphone, il parlait d’un bébé… Ce qui devait arriver arriva. Quelques jours avant qu’il ne rentre, je me suis connectée sur un chat et j’ai trouvé l’excuse parfaite pour rompre : coucher avec un autre homme. A son retour, je lui ai tout avoué. Il est parti dignement. J’avais mal au cœur. Je me trouvais lâche de lui avoir laisser croire que… Lâche de l’avoir trahi ainsi pour m’en sortir.
Ironie du sort, l’homme avec qui je l‘ai trompé et avec qui je suis restée presque deux ans par la suite était un fieffé menteur. Non seulement il me racontait des bobards sur sa vie mais en plus il les racontait à au moins deux autres donzelles. La douleur de cette découverte a sûrement été la pire douleur que j’ai pu ressentir de ma vie.
C’est après cette histoire que je suis devenue une « maîtresse ». Mais pas de celles qui attendent seules le soir pour un rendez-vous ou un week-end dans un hôtel de charme. Une maîtresse sans attache et sans affect. Je ne pouvais plus faire confiance à un homme. Et comme tous les hommes que je rencontrais trompaient leur femme avec moi, j’avais trouvé de bonnes raisons de ne plus leur faire confiance. Mon coeur était enfermé à double tour, je n’avais plus que mon corps à offrir.
Et puis un jour je me suis dit qu’il était temps de me sortir de ce schéma infernal. J’avais besoin de me tourner vers du rassurant. Les amants que j’ai eus à partir de ce moment là étaient tous célibataires. Libertins mais célibataires. Qu’il était agréable de pouvoir dormir chez eux après un petit repas préparé par leur soin, de se faire choyer, dorloter, même si ce n’était que pour une nuit, pour un instant sans autre perspective que de savourer le moment présent.
C’est comme ça, lentement, par petites touches que j’ai retrouvé le chemin de l’amour.
22:00 Publié dans Eux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.01.2007
Fidélité
Fidélité et infidélité : voilà deux mots qui devraient être bannis du langage de l’amour.
Il y a les fidèles de Dieu et aussi les chiens fidèles. Tous aux pieds de l’être qu’ils adorent et pour qui ils sont prêts à se sacrifier. Abnégation, soumission, aliénation. Ce n’est pas ma conception de l’amour. Des jeux sexuels oui, parfois. Mais de l’amour non. D’autant plus que si la fidélité est une aliénation alors l’infidélité serait signe de liberté… Je ne suis pas sûre que se soit tout à fait ça… On ne peut aimer sans se sentir libre. Mais cette liberté se trouve ailleurs qu'au fond d'un lit aux draps froissés. Si je ne suis pas infidèle, je ne suis pas non plus fidèle.
Nous avons tous notre façon de voir et de vivre ce concept. C’est un sujet qui délie les langues et déchaîne les passions. J’ai longtemps cru que l’infidélité était une sorte de légende. Jusqu’à ce qu’elle frappe à ma porte et s’installe chez moi sous toutes ces formes.
Mais même en ayant expérimenté les trois facettes du triangle adultère, mon avis sur la question n’a pas beaucoup changé depuis toutes ces années. L’infidélité ne peut-être une norme amoureuse. Pour moi elle est un signe de disfonctionnement. Ceci sans jugement, juste un vécu. Personne n’est à l’abri. L’important pour celui qui s’engage sur cette voie est de pouvoir en endosser les conséquences. Quelque soit sa position. Tromper s’est pouvoir mentir et supporter la possibilité de voir l’autre souffrir. Etre trompé(e) c’est faire un choix, fermer les yeux ou partir. Etre celui où celle avec qui on trompe, est sûrement la position la plus facile à assumer sauf… si l’amour s’en mêle.
Si je m’engage dans une relation amoureuse, il n’y a aucune possibilité d’aller voir ailleurs. Je me dis parfois, comme beaucoup le suggèrent, qu’il peut arriver que… une rencontre… un moment d’égarement... Mais si j’aime vraiment l’homme avec qui je suis j’aurais toujours le courage de dire non. Si je ne trouve pas ce courage, ce sera pour moi révélateur que quelque chose ne va pas ou ne va plus. Et à l’instant même où je pourrais dire oui, je me tairai, car je ne voudrais pas me servir une fois encore d’un tel prétexte pour échapper lâchement à un problème.
Et si c’est lui qui me trompe ? Et bien, que je ne le sache jamais (ne le sait-on pas toujours ?), car je ne serai jamais la femme qui ferme les yeux.
21:05 Publié dans Pensées, rêveries et autres élucubrations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.01.2007
-30- Et Si Tout Ca...
Ce samedi soir, je rentre chez moi la tête en vrac et le cœur en capilotade. Je ne sais pas comment je vais réagir en voyant Délinois.
Je prends une douche. Je me couche avec un thé brûlant. Et j'attends. Je n’arrive pas à réfléchir à la situation. De toute façon, ce n'est que lorsqu’il sera en face de moi que je saurais quoi faire.
Le bip du téléphone me fait sursauter. Sur l'écran : "Désolé, j'ai un contre temps. Je t'appelle dans la semaine."
Je suis soulagée. Je fais toujours des bêtises quand je n'arrive pas à prendre du recul. Et ce soir, j'aurais sûrement dit ou fait des choses que j'aurais regrettées juste après.
Je repense à tous ce qu'il s'est passé ces derniers temps. Tout ce qui a bougé, tout ce qui a changé. Qu'est ce qui a changé ? Les pensées se bousculent, les souvenirs aussi. Des instants, des images, des corps, des regards, des paroles, des sensations. Rires et larmes, peur et désir, liberté et solitude. Aimer. Est ce que je l'aime ?
J'essaie d'imaginer ce que serait une relation amoureuse avec Délinois. Au fond de moi je sais que ce n'est justement pas imaginable. Alors pourquoi ce remue ménage viscéral ?
La réponse devient évidente : oui, je suis amoureuse. Mais pas de cet homme en particulier. Je suis amoureuse au sens virtuel. Délinois incarne simplement mon désir d’aimer et d’être aimée. Il a agit sur moi comme un révélateur sentimental. Il marque une nécessité de passer à autre chose.
La couette m'enveloppe d'une douce chaleur que je croyais perdue. Je ferme les yeux. Sensation de bien être.
Au réveil, je décide d'envoyer un texto commun à tous mes amants. Un petit mensonge pour me faciliter la tâche : "J'ai rencontré quelqu'un avec qui je veux commencer une relation sérieuse. On ne pourra plus se voir. Merci pour tous les moments de plaisir passés ensemble." Petite hésitation avant de rentrer les noms dans la liste des destinataires. En attendant que je le rencontre ce fameux quelqu'un, dois-je renoncer à ce que m'apporte mon meilleur amant ? Je souris, j'enlève Délinois de la liste et j'envoie. J'écris un mail à Uche lui expliquant qu'il ne pourra pas venir cet été comme prévu.
Tony est le premier à répondre : "Fait chier, mais je te souhaite tout le bonheur possible". Le message de Michel arrive juste après : "Sois heureuse". Dans la semaine, je reçois un mail de Uche tout aussi gentil. Rosan ne se manifestera pas.
Délinois passe me voir dans la semaine. Saveur de la légèreté retrouvée.
23:40 Publié dans L'amour, les Hommes et le Chocolat. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.01.2007
-29- Début De Week-End Mouvementé
Le vendredi soir, je rentre du boulot et je vois que Délinois est connecté sur MSN.
- Tu passes me voir ce soir ?
- Non, j'ai rendez vous avec une fille que j'ai croisé sur caramail. Mais je viens te voir demain.
Mon cœur se serre. Mais qu'est ce que je croyais ? Qu'il allait m'attendre comme un gentil toutou alors que je couche avec d'autres types ? C’est bien moi qui rêvais d’une relation libre et durable. La voilà.
Il faut que je trouve un truc à faire ce soir sinon je vais craquer. L'imaginer dans les bras d'une autre, je ne le supporte pas.
Sortir. Toutes les copines sont en week-end. A croire qu'il n'y a que moi qui bosse le samedi. De toute façon, je n'avais pas trop envie de plan entre filles. Luis est en voyage pour quatre jours. J'appelle Olivier. Je sais qu'il est en plein déménagement mais ça me fera du bien de lui parler. Il a débranché son portable... Je lui laisse un message.
Le téléphone sonne. C'est Rosan. Viens mon garçon. Ce soir j'ai un trop plein d'adrénaline.
Corps à corps furieux. Nos peaux sont collées par la sueur. Quand tout est fini, il me regarde bizarrement mais ne fait pas de commentaire. Je prends une douche avec lui. Ou plutôt, en même temps que lui. On ne s'effleure que pour se passer le savon. Pas envie de discuter. Je m'enroule dans un drap de bain et je retourne dans la chambre.
Je m'assieds en tailleur sur le lit et je le regarde s'habiller en silence. Pas de musique. Histoire sans parole. Je le raccompagne à la porte. Baiser rapide. Je ferme la porte. Il la retient :
- Tu vas bien ?
- Non, mais c'est pas grave. Bonsoir Rosan.
Je suis appuyé à la porte. Je retiens mes larmes. Et maintenant quoi ? Suis-je capable de continuer comme si de rien n’était ? Et si je stoppais tout pour me chercher un gentil garçon célibataire…
Je me couche. Le lit est trop grand. L’espace est trop grand. Je voudrais que quelqu’un me prenne dans ses bras.
La voix chaude d'Olivier me réveille :
- Toi tu ne vas pas bien.
- Non j’ai le cafard. Je suis trop conne. A mon âge, croire encore au Prince Charmant.
- C’est qui le Prince Charmant ?
- Délinois… Mais ce soir il est dans les bras de Cendrillon. Il m’en a parlé parce qu’il pense que je suis une fille compréhensive. J’aimerais qu’on m’arrache le cœur sur le champ.
- Laisse ton cœur là où il est. Il attend peut être que tu le lui dises ?
- Lui dire quoi ?
- Que tu l’aimes…
- Je sais depuis le début que c’est un amour impossible. On ne vient pas du même monde. En même temps, je l’apprécie parce qu’il est différent.
- Laisse venir, peut être que ça marchera.
- Mouhai… Je le vois demain soir. Je verrais si j’ai la force de continuer ou si j’arrête avant de trop souffrir.
- Ne te prend pas trop la tête. Essaie de dormir un peu.
- Je vais essayer. Bisous Olivier, je t’adore.
Je me rendors. Vers deux heures du matin, le téléphone me réveille en sursaut. Le numéro de Rosan s’affiche. Tiens, il a du oublier quelque chose. A moins qu’il ne s’inquiète pour moi. Ha ha ha ! Au bout du fil, une voix féminine : "J’aimerais savoir qui vous êtes." Merde ! J’ai une demi seconde pour adopter une stratégie. "Pardon ?" J’essaie de gagner du temps, je la laisse parler, et j’essaie de voir comment m’en sortir.
- Je suis la femme de Rosan. Votre numéro est enregistré sur son mobile. Il vous appelle souvent. Et je veux savoir qui vous êtes.
- Pour m’appeler à une heure pareille, vous devez sûrement avoir une petite idée.
- …
Je lui dis mon prénom, qu’elle a du lire sur le portable.
- J’ai connu Rosan en boite il y a presque 3 ans. Depuis on se voit de temps en temps.
- Pour ?
- Je ne vais pas vous mentir, on couche ensemble, rien de plus.
- Rien de plus ? Mais quelle salope !
Je la laisse m’insulter. J’en aurais fait autant. Je ne me sens pas coupable. Juste triste. Lâcheté des hommes qui préfèrent tromper leur femme au lieu de les quitter quand ça ne va plus. Orgueil des femmes qui pensent que les hommes leur appartiennent et pensent pouvoir les retenir en leur faisant un gamin. J’ai vu les yeux de Rosan s’éclairer quand il m’a parlé de son fils. Et juste après, s’assombrir en me disant que son fils était tout pour lui et qu’il ne pourrait pas vivre sans lui.
Elle pleure. J'imagine qu'il doit dormir pendant ce temps.
- Ecoutez, ce n’est pas avec moi qu’il faut régler le problème. C’est avec Rosan.
- Vous l’aimez ?
- Non, pas du tout. Il peut disparaître de ma vie sans aucun problème.
- Je ne comprends pas.
- Il n’y a rien à comprendre. Ce n’est qu’une histoire de cul. Il vient me voir comme il regarderait un film porno de temps à autre.
- …
- Les questions, il faut les poser à Rosan, pas à moi. Bonsoir, dis je doucement.
Elle ne répond pas. Je raccroche. J’aurais pu lui dire que je suis désolée, que je la comprends. Mais je ne peux pas être l’amie et l’ennemie. Et je n’ai rien à faire dans leurs histoires de couple.
A mon avis, je ne vais pas le revoir d'aussitôt le Rosan. Ce n'est peut-être pas un mal après tout...
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13.11.2006
Ecriture
D’aussi loin que je m’en souvienne, l'écriture a toujours été pour moi une sorte de torture. Dans les petites classes, je souffrais en recopiant les leçons sur mon cahier. Et puis il y avait cette satanée orthographe avec ses exceptions embusquées à chaque recoin de phrase. Non, vraiment, je ne prenais aucun plaisir à écrire. C’est sans doute pour ça que j’ai développé une certaine éloquence qui faisait déjà dire à mon prof de français la veille du bac : « De toute façon, à l’oral, tu arriveras toujours à tes fins. » C’est vrai que l’oral ne me pose aucun problème. Je ne suis pas timide et ma logique « mathématique » me permet d’argumenter et de toujours retomber sur mes pattes.
Mathématiques : voilà un mot qui m’a toujours parlé. Compter, calculer, résoudre des problèmes de logique ou des équations ça a toujours été le bonheur. Un jeu sans contrainte. Et jouer reste encore aujourd'hui, un besoin quotidien.
Tout me destinait à une carrière scientifique. Paradoxalement, j’ai eu mon bac E surtout grâce aux matières littéraires. Après l’Université, j’ai éludé tous les métiers techniques qui se présentaient pour choisir une profession dans le domaine des sciences humaines. Plus tard, en découvrant la psychanalyse, du divan à la théorie, j’ai compris qu’il n’y avait pas à choisir entre les sciences et la littérature, pas plus qu’entre le fromage et le dessert.
Cette acceptation c’est d’abord effectué inconsciemment à un tournant de ma vie de femme. C’était il y a deux ans. J’ai commencé à écrire sans trop savoir pourquoi. C’était devenu un besoin. Alors que je n’avais jamais écrit de journal intime, mes écrits en prenaient l’apparence. Sans être vraiment thérapeutique, cette démarche me permettait d’y voir plus clair dans mon passé et dans mes désirs futurs. Après avoir couché l’essentiel sur le papier, ou plutôt sur l’écran par clavier interposé, j’ai laissé tomber l’exercice. Le temps d’écrire avec les yeux, avec les lèvres, avec le corps tout entier, une histoire d’amour à quatre mains. Tous les styles littéraires ont été éprouvés, du A majuscule au point d’interrogation final…
Comme réponse à la page vide laissé par cette histoire, à nouveau l’écriture. Mais cette fois, je n’avais pas envie que mes textes restent enfermés. Les mettre en ligne m'est apparu comme une solution évidente. Entre intime et public, un côté anonyme, et quelque chose d’à la fois éphémère et éternel. De l’écriture souvenir, je suis passé à l’écriture quotidienne : bonheur d’aligner les mots pour rire ou pour pleurer, pour raconter ou inventer, pour anticiper ou se rappeler.
Avoir été lue m'a rassuré. Je n'ai maintenant plus besoin d'un état particulier pour écrire. Et je n'ai plus besoin d'exposer mes textes. Aujourd'hui l'écriture est devenue un plaisir et je peux enfin dire : j'aime écrire !
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