18.10.2006
Humeur Grivoise

Frédéric DARD (ça ne s’invente pas)
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30.09.2006
-28- La Mammographie
Le centre de radiologie grouille de blouses blanches. Ordonnance, carte vitale, salle d'attente, on va venir vous chercher.
J'ai un bouquin dans mon sac mais je sais que je n'arriverais pas à lire. J'ai la trouille. J'essaie de faire le vide. Je regarde les magasines sur la table. On est mercredi, presse people flambant neuve. Je ne connais aucunes des starlettes à la une.
Mon nom résonne dans la salle presque vide. Je vais avec la petite dame en blanc. Elle m'enferme dans une minuscule pièce. "Vous vous mettez torse nue, je reviens vous chercher." Je me déshabille. Il y a un miroir. Je regarde ma poitrine. Je la trouve belle. Je passe mes mains dessus lentement. Et si... Non, non, non ce n'est pas possible. Je n'ai rien, je le sais.
La petite dame me fait rentrer dans la salle obscure. Elle me présente l'appareil de torture. Elle manipule mes seins comme des morceaux de viande sur l'étal du boucher. Mais heu ! Ca pince ! "Ne respirez plus !" Merde, elle aurait plus prévenir, je n'ai pas pris ma respiration. Je regarde mon sein aplati sous le plexiglas. Une vraie escalope de veau. L'autre sein. Et maintenant de trois quarts. "Vous retournez dans la petite pièce, j'amène les clichés au docteur qui vous donnera les résultats. Restez torse nu, je reviens vous chercher pour l'échographie." Mais... elle ne va pas m'abandonner comme ça ! Je me mets à pleurer comme une gamine. Je pense à ma grand-mère qui est morte d'un cancer du sein, à ma tante qui sort à peine d'une guérison. Je pense à la mère de Olivier, à ma voisine, à une de mes collègues... Saloperie de maladie. On frappe à la porte. J'essuie mes larmes rapidement.
"Mettez votre blouson, fermez-le bien et prenez vos affaires. On y va." Traversée des couloirs. Des vieux perdus avec leurs cannes, des femmes aux visages tendus dans la lumière crue. Deuxième petite pièce. "Posez vos affaires et allongez-vous sur la table de la salle d'examen. Le médecin va venir." Je m'installe dans la pénombre. Sur le mur d'en face est accroché un tableau, une estampe chinoise digne du pire restau de l'avenue de Choisy. Deux petits chats en train de jouer avec une balle. C'est d'un ridicule. J'en pleure. Je voudrais arrêter mais je ne peux m’en empêcher. Ca coule tout seul.
Le docteur arrive. Il me dit qu'apparemment les clichés sont bons. Que l'écho permettra de confirmer. Il me pose les questions d'usage. Il me palpe. Gel froid sur mon sein droit. Il ballade le petit appareil sans ménagement. Je n'ose pas regarder l'écran. Je fixe les chatons. Il examine le sein gauche. Son silence envahit la pièce. Enfin, il ouvre la bouche : "Tout est parfait, Mademoiselle. J'aimerais pouvoir annoncer ça à toutes mes patientes aujourd’hui." Ah non ! Te ne vas pas te remettre à pleurer, il a dit que tout allait bien.
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23.09.2006
-27- Grand Nettoyage De Printemps
Nous passons de caramail à MSN. On se lance dans un concours de séduction. Egalité. La conversation dévie. Discussion entre amis.
- Je te trouve sympa, tu ne veux pas aller prendre un café ?
- Pas trop envie de bouger, je me sens patraque. Un autre jour, pourquoi pas.
- T'as une photo ?*
D'habitude je dis non. Mais moi aussi, je le trouve sympa.
- Toi d'abord.
La photo de Fabrice ressemble au personnage. Je ne suis pas déçue. Mais je préfère le contact réel pour juger. « Tu es charmante », dit il quand il reçoit la mienne.
La nuit tombe. Je suis saoule d'être restée si longtemps devant le PC. Je lui dis bonsoir, lui promets de rester en contact et qu'on se verrait bientôt.
J'ai froid. Je prends une douche brûlante et je me couche. J'allume la télé. Séquence zapping. Je comate. Bip bip ! Je sursaute. Texto : « Bonsoir Fille, pas envie du câlin hebdomadaire ? » Oh, Délinois ! Il veut encore de moi. Je « guimauvise » au milieu des draps. Puis je fais la grimace. Je suis maudite ! « Très envie d'un câlin mais trop mal au ventre. Désolée » Allez, il va venir quand même me serrer dans ses bras. Anne, ma sœur Anne, ne vois tu rien venir ? Je ne vois que la grisaille d'une ville moderne où les chevaliers sont morts. « Bonne nuit alors ». C'est ça,... bonne nuit.
Je me réveille tôt. Il faut que je bouge. Mon appartement sent la poussière. Je me lance dans un grand nettoyage de printemps. Je mets une lessive. J'astique ma cuisine. Il pleut averse mais je m'en fous, je fais les vitres. Vers midi, petite pause repas. Léger, je voudrais perdre les deux ou trois kilos pris pendant l’hiver. J'enchaîne par un coup de chiffon sur les meubles, un coup d'aspiro et je commence à cirer mon parquet.
A quatre pattes les idées sont plus claires. J’entame un dialogue avec moi-même. Si je vois Fabrice, on va coucher ensemble. Ok. Quel jour ? Pas le week-end, c'est réservé à Délinois. Tiens, depuis quand tu te préoccupes du planning de tes rendez-vous galants ? Est ce que je vais lui parler de Fabrice. Et ton principe d'honnêteté ? Ca ne t'a pas gêné de lui parler de Uche au retour des vacances. C'est vrai, je ne comprends pas ce qui me prend. Enfin si. S'il est mon meilleur amant, pourquoi aller en chercher un autre. Les larmes coulent sur le parquet. Je les efface avec mon chiffon. Tout à coup, j'éclate de rire. Quelle caricature je fais ! La femme indisposée qui se lance à corps perdu dans le ménage. Il ne me manque plus que les bigoudis !
Pour en finir avec le ménage, je fais briller la salle de bain et je me déshabille. Le calendrier des Dieux du Stade est accroché au mur. Les trois rugbymen du mois d'avril m'observent. Je leur fais un clin d’œil et je rentre dans la douche. Je me savonne doucement. Je regarde mes seins pleins de mousse. Je me souviens qu'il faut que j'aille faire une mammographie. « A votre âge il faut commencer à surveiller ». Je m'appuie au mur. L'eau chaude coule sur ma tête. Je ferme les yeux.
* En 2004, la version de MSN n’avait pas d’affichage photo.
00:05 Publié dans L'amour, les Hommes et le Chocolat. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.09.2006
Entre Mes Amants Et Moi, C'est Une Vraie Histoire D'Amour
Ils m’appellent, ils me bipent, ils me mailent. Comment tu vas ? Pas envie d’un câlin ? Je parle de boulot, du temps que je n’ai pas, du cœur qui ne veut rien parce qu’il est encore bouleversé, du corps qui ne suit pas. Je feints parfois l’agacement. Mais au fond, tout cela m’amuse. Ils sont là malgré le temps qui passe et les évènements. Et ça me rassure.
Et, ça me plait aussi.
J’arrive mal à m’expliquer comment tout ça est arrivé. Quand j’ai commencé à rencontrer ces hommes, je cherchais des histoires sans lendemain, juste pour satisfaire des besoins sexuels. Attitude masculine diront certains. Peut-être. Sans doute. Et pourtant. Je n’ai jamais été aussi femme que depuis ce temps là. Peut-être parce que j’ai abordé cela avec légèreté. Comme un jeu. Pas d’exigence, pas de contrainte. Du plaisir, rien que du plaisir.
J’ai écrit avoir été une maîtresse sans attache et sans affect. Il y a toujours un peu d’affect. Cela peut paraître bizarre, mais de toutes les relations que j’ai pu nouer avec les hommes, ce sont celles-la dont je suis la plus fière. Elles perdurent depuis des années sans ombrage dans la complicité et l’humour. Le désir ne s’essouffle pas. Bien sûr, certains d’entre eux ne sont plus là. Si ces relations se montrent stables, chacun évolue et les désirs avec. Mais j’aime à dire qu’entre ces hommes et moi, c’est une histoire d’amour. Idée romantique d’un amour éternel et intense que rien ne peut détruire.
Souriez, car je souris aussi.
Je ne me fais pas d’illusions. Quand ils m’appellent avec leurs airs innocents, évidemment qu’ils prennent de mes nouvelles. Mais je sais très bien ce qu’ils veulent. Je sais très bien qu’ils testent mon statut « marital » du moment, espérant qu’aucun n’ait pris l’exclusivité de mon cœur et de mon corps afin de partager un petit moment de bonheur physique. Comment leur en vouloir s’ils m’offrent aussi ce que je leur offre. Femme objet, homme objet, qu’importe si ça reste un échange respectueux. Car c’est bien de respect dont il s’agit. Toutes ces relations n’auraient jamais pu durer sans cet élément.
23:00 Publié dans Eux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.09.2006
Mes Dix Vérités Sur Le Sexe Plus Une
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1. Le sexe est la seule forme d’expression avec laquelle on ne peut pas tricher. On fait l’amour comme on est dans la vie.
2. Lecture cocasse qui a toujours son petit effet : quand un homme me fait l’amour, je peux dire s’il sait nager ou non. (Je ne me trompe jamais)
3. Lecture sensible : c’est en percevant la façon de faire l’amour d’un homme qu’on peut lui faire la fellation qui lui convient.
4. Je préfère me passer d’un cunnilingus plutôt que de subir des coups de langue inadéquats. (CQFD)
5. Je ne crois pas aux préliminaires, surtout quand ils sont vécus comme une obligation ou fait en application du chapitre 1 du manuel des Castrés Juniors.
6. Parfois un petit coup vite fait vaut en intensité autant qu’une nuit de passion.
7. Mes fantasmes naissent au hasard des rencontres et des situations, et je fais toujours ce qu’il faut pour qu’ils ne restent pas à l’état de fantasme.
8. Le sexe n’a de limites que celles que l’on se met. Ne jamais forcer l’autre, ne jamais se laisser forcer.
9. Aimer le sexe ne veut pas dire faire n’importe quoi avec n’importe qui. Aimer le sexe rend forcément exigeant…
10. Sans désir, pas de plaisir. Le plaisir n’est pas jouissance. La jouissance n’est pas un but en soi.
11. Je ne vois pas pourquoi ne pas coucher le premier soir. Au moins on est fixé sur la suite.
17:45 Publié dans Pensées, rêveries et autres élucubrations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


